Coronavirus : Boris Johnson serre la vis et impose un couvre-feu aux pubs

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Boris Johnson a annoncé de nouvelles mesures de lutte contre le coronavirus.
Boris Johnson a annoncé de nouvelles mesures de lutte contre le coronavirus. © AFP
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Le premier ministre britannique, Boris Johnson, a annoncé lundi une batterie de mesures pour lutter contre une nouvelle vague de coronavirus. Pubs et restaurants devrons se limiter au service à table et fermer à 22 heures. Les rassemblements sont limités et le télétravail fortement encouragé.

Face à la résurgence du nouveau coronavirus, le Premier ministre britannique Boris Johnson a annoncé mardi de nouvelles restrictions, dont un couvre-feu à partir de 22 heures pour les pubs d'Angleterre, mettant en garde contre la possibilité de mesures "plus drastiques". Accusé d'avoir aggravé le bilan de la pandémie en tardant à décréter le confinement en mars, le chef du gouvernement conservateur a averti, devant le Parlement, que le Royaume-Uni avait "atteint un tournant dangereux". 

Incitation au télétravail et rassemblements limités

Pour tenter d'inverser la tendance, les pubs, bars et restaurants devront notamment fermer à 22 heures à partir de jeudi en Angleterre. Seul le service à table sera désormais autorisé. "Je suis désolé que ça touche de nombreuses entreprises qui retombent tout juste sur leurs pieds mais nous devons agir", a plaidé Boris Johnson devant les députés. Après avoir incité la population à retourner au travail pour contribuer à relancer l'économie, le gouvernement a changé de position et demande aux gens de travailler de chez eux s'ils le peuvent. Le gouvernement a aussi reporté le retour du public aux manifestations sportives qui était prévu le mois prochain. 

 

A partir de lundi les mariages ne pourront compter que 15 participants maximum. Le port du masque sera obligatoire dans les taxis ainsi que pour les employés de commerces, de bars et restaurants, et les sanctions seront durcies. Une infraction aux règles sur le port du masque ou sur les rassemblements (limités à 6 personnes) sera passible d'une amende de 200 livres (218 euros). Si nécessaire, l'armée pourra être appelée en renfort de la police, a averti Boris Johnson, accentuant le durcissement de ton des autorités qui avaient privilégié la pédagogie à la répression au printemps.

"Six mois" de restrictions

Pays le plus endeuillé en Europe avec près de 42.000 morts, le Royaume-Uni voit actuellement les contaminations "doubler tous les sept jours", faisant courir le risque de dizaines de milliers de contaminations dans les semaines à venir, ont averti lundi les autorités sanitaires. Les mesures annoncées mardi seront en place "peut-être six mois", a avancé Boris Johnson, avertissant que faute de progrès, il faudrait "inévitablement agir de manière plus drastique". Les restrictions imposées aux pubs ont provoqué la colère du secteur de l'hôtellerie, Kate Nicholls, directrice générale de UK Hospitality, évoquant un "nouveau coup dur" pour un secteur déjà très meurtri par le contexte sanitaire.

 

 

Les annonces de Boris Johnson concernent l'Angleterre uniquement, mais des "mesures similaires" seront prises au Pays de Galles, en Ecosse et en Irlande du Nord a précisé le chef du gouvernement, qui s'est entretenu avec les chefs de gouvernements de ces trois nations britanniques. S'il soutient les nouvelles restrictions, le chef de l'opposition travailliste, Keir Starmer, a fustigé la stratégie du Premier ministre, estimant qu'il manquait de "leadership clair" dans cette période de "crise nationale". 

Les restrictions locales se sont déjà multipliées ces dernières semaines et le gouvernement espère ne recourir qu'en dernier ressort à un confinement national aux conséquences dévastatrices pour une économie déjà sévèrement affectée par le confinement de la première vague. "Ce n'est en aucun cas un retour au confinement" instauré en mars, a assuré Boris Johnson, promettant que les écoles resteraient ouvertes ainsi que les entreprises qui respecteraient les mesures sanitaires.