Le pouvoir thaïlandais ne lâche rien

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Europe1.fr (avec agences) , modifié à
Le dernier bilan des violences entre des opposants au pouvoir et l'armée fait état de 29 morts.

Le Premier ministre thaïlandais a exclu samedi de renoncer aux opérations militaires engagées contre les manifestants, alors que Bangkok a été le théâtre de nouvelles scènes de guérilla urbaine au cours desquelles au moins huit personnes ont été tuées. Au total, selon les services de secours, 29 personnes ont été tuées et 221 blessées depuis jeudi soir, date de la reprise des affrontements. Une tentative d'assassinat a ciblé jeudi un des leaders du mouvement, qui réclame le départ du Premier ministre et la tenue d'élections anticipées.

Ces violences ont poussé les Etats-Unis à ordonner l'évacuation du personnel non essentiel de son ambassade à Bangkok et à formellement déconseiller aux Américains de se rendre dans le royaume. Sans prendre de telles mesures, d'autres pays, comme la Chine, ont exprimé leurs "vives préoccupations" face à la dégradation de la situation.

Les affrontements entre l'armée thaïlandaise et les manifestants antigouvernementaux se poursuivent samedi dans les rues de Bangkok, transformant le quartier commerçant de la capitale en véritable champ de bataille.

Les manifestants s'opposent à l'armée qui essaie d'établir un périmètre de sécurité autour du camp occupé par les "chemises rouges" depuis près de six semaines. Les soldats ont ainsi repris la main sur trois postes de contrôle situés non loin du camp, où ils vérifient les papiers des passants pour empêcher de nouveaux manifestants de rejoindre les milliers de partisans retranchés.

L'opposition prête à aller jusqu'au bout

Un des leaders du mouvement a assuré que la lutte continuerait jusqu'à ce que le gouvernement reconnaisse sa responsabilité dans les violences qui ont émaillé les manifestations, et ce même si les réserves de vivres, d'eau et de carburant commencent à s'amenuiser.

Les manifestants, partisans de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra renversé par un coup d'Etat en 2006, ont fait usage de pierres et de cocktails Molotov pour repousser les soldats et ont incendié des voitures, rapportent des témoins.

Engrenage de violences

Les affrontements ont éclaté jeudi soir après le tir d'origine inconnue dont a été victime l'ancien général Khattiya Sawasdipol, surnommé le "commandant rouge". Atteint d'une balle en pleine tête, il a subi une opération du cerveau et se trouve dans un état critique.

Trois journalistes, deux Thaïlandais et un Canadien correspondant à Bangkok de France 24, ont été blessés.