La chronique développement durable de Brigitte Béjean

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Rédaction Europe1.fr , modifié à
Brigitte Béjean consacre sa chronique développement durable aux négociations mondiales sur le climat qui ont lieu à Paris. Dans Europe 1 Matin avec Marc-Olivier Fogiel.

Il s'agit de trouver un accord, entre pays industrialisés, avant d'aller aux négociations mondiales sur le climat de Copenhague, en décembre. 18 pays, les 18 plus gros pollueurs, réunis hier et aujourd'hui à Paris. Le problème, apparemment, c'est que les Américains n'avancent pas aussi vite qu'on aurait pu l'espérer...

C'est vrai que le retour des Américains, d'Obama, dans la course pour lutter contre le dérèglement climatique avait d'abord suscité enthousiasme et espoirs. Mais maintenant qu'on entre dans le vif du sujet, maintenant qu'on en est aux réunions de travail, les Européens constatent que les Américains promettent certes, des efforts, mais que l'ensemble reste décevant. On peut comprendre pourquoi. D'abord ils sont en retard, ils partent de plus loin, et en plus ils n'ont pas de consensus politique chez eux. Le Congrès américain va tout faire pour freiner Obama.

Du coup, ce qu'on sentait hier soir, en marge de ces réunions à 18, c'est une volonté pragmatique : arrêter de secouer les Américains, ça ne sert à rien visiblement et finalement, accepter qu'ils fassent moins d'efforts que les autres grands pays industrialisés pour la réduction de leurs gaz à effet de serre. Ce qui signifie, c'est le corollaire, que les autres pays industrialisés, (nous, les grands Européens, le Japon, l'Australie, le Canada), que ces pays devront peut-être faire encore plus d'efforts.

Pourquoi ?

Parce les pays riches sont engagés, depuis des années, vis-à-vis des pays émergents : la Chine, l'Inde, le Brésil, l'Afrique du Sud, sont maintenant d'accord pour agir, mais ils attendent d'abord que nous, bloc des pays riches, nous tenions nos engagements. Entre -25 et -40% de gaz à effet de serre en 2020. Et si, dans ce groupe des riches, les Américains ne font pas leur part, les autres auront sans doute à assumer la différence, au moins provisoirement.

L'info en plus : Jean-Louis Borloo invité de JP Elkabbach.