Le mode d'emploi de la relocalisation en France

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    Zoom est une chronique de l'émission Toute l'info du week-end
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    Chaque dimanche, dans "Zoom avant", Axel de Tarlé se projette sur un fait économique ou sociétal.

    C’est le grand mot du moment : relocalisation. Mais quel est le mode d’emploi ? Peut-on réellement faire revenir, en France, nos usines et nos emplois ? 

    Si on pose la question à nos industriels, à ceux qui ne sont pas partis, qui continuent de fabriquer en France, ils sont très clairs. Je pense à Seb, numéro un mondial du Petit électroménager, l’inventeur de la cocotte-minute, et qui fait toujours fabriquer en France, dans son usine de Bourgogne à Is-sur-Tille, "l’Actifry", cette friteuse sans huile, qui se vend à des millions d’exemplaires dans le monde entier. 

    Comment fait-on pour fabriquer en France ? Réponse : il faut accepter de ne pas vouloir tout faire en France. Les produits d’entrée de gamme doivent être fabriqués à l’étranger. Et en France, pour justifier les salaires plus élevés, on doit fabriquer des produits plus haut de gamme. C’est très clair dans l’automobile. La Peugeot 208 est fabriquée en Slovaquie. La 3008 est fabriquée, en France, à Sochaux. 

    Mais, justement Axel, je vous ai fait suivre la semaine dernière un email d’un auditeur qui faisait remarquer que Toyota arrivait bien à faire fabriquer en France, la petite Yaris, dans son usine de Valenciennes. Preuve que l'on peut fabriquer des modèles d’entrée de gamme en France. 

    Oui, mais cette usine de Valenciennes est ultra-moderne, très automatisée, et c’est la clé. Si vous voulez fabriquer en France, il faut s’appuyer sur la technologie (technologie du produit ou technologie des chaines de montage). 

    C’est pour cela que l’idée des relocalisations, ce n’est pas de faire revenir en France la production de pare-choc en plastique. Mais plutôt de s’assurer que les nouvelles technologies, dans la voiture électriques par exemple (les batteries), soient bien localisées en France. 

    Et dans les médicaments ? Comment faire revenir en France la production de médicaments ?

    Eh bien, déjà, il faudrait peut-être faire en sorte d’éviter que nos meilleurs chercheurs s’en aillent. Vous avez vu que ce laboratoire américain, Moderna, qui a reçu 500 millions de dollars de l’administration américaine pour produire un vaccin, est dirigé par un Français, Stéphane Bancel. Un Centralien, passé par Bio-Mérieux, et qui est parti aux Etats-Unis, à Boston, où il y a plus de financement, plus de recherche, et peut-être aussi un état d’esprit plus audacieux. 

    En France, avouons-le, on regarde toujours avec suspicion ces géo-trouve-tout excentrique. On le voit dans le médicament, on le voit aussi dans l’Espace. En Europe, avec la fusée Ariane, on s’enorgueillit d’avoir le lanceur le plus sûr du monde, qui n’explose jamais. Mais bon, pas de quoi soulever les foules. Aux Etats-Unis, Elon Musk, dont les fusées ont déjà explosé, parle de conquérir la Lune, et même Mars. Ça fait rêver. C’est ce qu’on appelle avoir l’esprit conquérant.