Une trêve olympique entre Donald Trump et Kim Jong-un... jusqu'à quand ?

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Les sportifs de Corée du nord et ceux de Corée du sud ont défilé ensemble vendredi, derrière un drapeau neutre représentant la péninsule réunifiée.

La puissance du symbole, tout en simplicité. C’est exaltant, cela va plaire aux télés du monde entier. Les deux Corées ont défilé ensemble à l'ouverture des JO. Il faut reconnaître aux Nord-Coréens qu’ils savent y faire en matière de défilé. Cela fait soixante-dix ans qu’ils répètent. Jeudi, à Pyong-Yang, le ballet des fantassins au pas de l’oie, des blindés aux canons dressés et des missiles balistiques à longue portée était orchestré au millimètre près. Donald Trump qui veut refaire le 14 juillet pour la fête de l’indépendance à Washington a de quoi être jaloux.

L’équilibre de la terreur. Ce pays voyou que les Nations unies ont mis en quarantaine offre un visage souriant au sud parce qu’il prétend avoir au nord de quoi faire sauter la planète. Hier, Kim Jong-un vantait son "statut de puissance militaire de classe mondiale". Cela signifie qu’il fait partie du club des maîtres du monde. Qu’il n’est plus le fou qui donne des coups de pieds dans l’ordre international. La bombe l’a rendu sage comme une image, responsable, respectable. Pas terroriste, souverain. Comme Mao ou Staline en leur temps. Tout ou rien, c’est l’équilibre de la terreur. Un chantage à la fin du monde qui a assuré soixante-dix ans de paix.

La course aux armements est relancée. Il ne s’agit pas de bombes plus puissantes mais moins puissantes. La nouvelle théorie stratégique américaine défend l’idée de guerre nucléaire limitée, avec des mini bombes atomiques. Kim Jong-Un a une guerre de retard. Ce qui lui pend au nez, c’est une raclée. Jamais la perspective d’une frappe américaine n’a été aussi crédible.

Une frappe en 2018 ? Donald Trump a beaucoup menacé. L’ambassadeur qu’il avait désigné pour la Corée du sud est un expert, Victor Cha. Il a découvert que l’entourage du Président s’était rallié à l’idée d’une opération "bourre-pif", une frappe pour cassez le nez de Kim Jong-Un. Le chef d’état-major adjoint a confirmé qu’il pouvait détruire 80% du potentiel nucléaire nord- coréen. Les 20% restant ont refroidi Victor Cha. Il a défait sa valise et il a tout balancé dans les journaux. Le bourre pif est envisagé pour 2018. Kim ne perd rien pour attendre.