Pourquoi les Etats-Unis claquent la porte de la Commission des droits de l'homme de l'ONU ?

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Les Etats Unis claquent la porte du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

Cela fait un an que cela les démangeait. Ils exigeaient des réformes. Que le club soit plus sélectif à l’entrée et qu’il vire les membres défaillants. C’était trop demander. C’est pourtant un minimum. Car 53 pays composent le Conseil des Droits de l’Homme mais beaucoup sont là pour se moquer du monde et empêcher qu’on leur réclame des comptes. Par exemple, les Philippines assurent la Présidence. Dans son pays, le Président Rodrigo Duarté considère que les toxicomanes n’ont droit qu’à une balle dans la nuque. Depuis qu’il est au pouvoir, déjà 8 000 exécutions sommaires.

Derrière les Philippines, se sont fait élire, après des campagnes sonnantes et trébuchantes : les pays qui exécutent le plus de condamnés à mort, Chine et Arabie Saoudite, des dictatures endurcies comme Cuba ou le Rwanda, des pays avec des satrapes prêts au bain de sang, Venezuela, Burundi, Congo Kinshasa, les pays les plus corrompus aussi, Ukraine, Afghanistan, Nigeria, sans oublier le Pakistan d’Asia Bibi. Autant de régimes qui respectent surtout le droit des hommes à ramper sous la contrainte et les droits des femmes à subir en silence. Dans l’inventaire, il en manque parce qu’au bout de six ans, ils doivent céder la place. Ainsi la Syrie patiente en présidant la Commission du désarmement non conventionnel, un comble ! Il faut dire un mot d’Israël. Condamnée rituellement quatre fois par an. Le Conseil est intraitable, une idée fixe. Le déménagement de l’ambassade américaine à Jérusalem l’a indigné.

L’administration Trump a quand même attendu un an avant de passer à l’acte.

Entre temps, l’Amérique a dénoncé l’accord de Paris, abandonné l’Unesco à son blabla et gelé une partie du financement de l’Unrwa, l’agence pour les réfugiés palestiniens. Car les enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants des 700 000 réfugiés de Palestine sont maintenant 5 millions et l’ONU les traite comme des réfugiés, soixante-dix ans après. Ce sont les Américains honnis qui paient : 350 millions de dollars par an. Donald Trump pense que l’Unrwa fait partie du problème et pas de la solution en maintenant les gens dans les camps et en fricotant avec le Hamas.

Le prétexte pour claquer la porte a été fourni par le Haut Commissaire aux Droits de l’Homme.

Zeid Ra’ad al-Hussein trouve "inadmissible" la séparation des parents et des enfants qui ont franchi illégalement la frontière mexicaine. Il n’est pas le seul. Mais ce prince jordanien est le roi des bobos. Sa frénésie moralisatrice lui a fait condamner les maires Français qui refusent le Burkini sur leurs plages et il a aussi comparé les leaders populistes occidentaux à Daech. Ce matin, lui aussi fait ses bagages. Il ne se représente pas car il refuse de faire des courbettes, devant le Conseil de sécurité. A l’ONU, les portes claquent mais il n’y a pas qu’elles qu’on aimerait claquer.