Katowice : l’échec annoncé de la COP24

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

La transition énergétique, la lutte contre le réchauffement climatique, c’est l’enjeu de la Conférence sur le climat à Katowice, en Pologne.

Katowice, c’est la Pologne des mines de charbon, la capitale de la Silésie et de l’architecture en clapiers communistes. À côté les corons français, c’est la Côte d’Azur. C’est là que se tient la Cop 24, après la Cop 23 à Bonn qui n’a servi à rien, avant la Cop 25 dont personne ne sait où elle plantera ses tréteaux, parce que le Brésil n’en veut plus.

 

À Katowice, le Secrétaire général de l’Onu était hier au bon endroit pour pousser un lamento planétaire. António Gueterres sonne le glas. "Pour beaucoup de gens, gémit-il, c’est une question de vie ou de mort. Et nous avançons toujours si lentement et dans la mauvaise direction".

 

On ne va pas pinailler, dire qu’il vaut mieux avancer lentement quand c’est dans la mauvaise direction. On comprend l’idée. Les pays riches n’en font pas assez pour aider ceux du sud et pour tous ensemble contenir le réchauffement climatique à 2°, voire 1,5°. C’est l’objectif de l’accord de Paris. La Cop24 doit fixer les règles pour l’appliquer. La banque mondiale promet 200 milliards de dollars. On se dit, c’est bien. En fait, c’est rien : le représentant des pays les plus pauvres prétend qu’il faudrait des milliards de milliards de dollars.

 

On comprend qu’António Guterres soit déprimé.

Il est seul au monde à Katowice avec seulement quelques chefs d’État et de gouvernement. La France était le seul membre prévu du G20. Mais Edouard Philippe est retenu à Matignon. Par les gens qui refusent qu’on leur fasse payer la transition énergétique à la pompe à essence.

La France se voudrait leader sur le dossier mais elle ne respecte aucun de ses objectifs. Les Populistes au pouvoir en Pologne sont plus habiles. Ils accueillent la Cop23 dans leur bassin houiller. Leur déclaration de Silésie réclame "une transition juste". Qui reconnaît les défis écologiques mais qu’il faut aussi un avenir décent aux travailleurs touchés par la transition. À Katowice, il y a peut-être des cathos vicieux mais pas de gilets jaunes.