L'espace en tête - L’Homme sur Mars

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
L'espace en tête est une chronique de l'émission Europe matin
Partagez sur :

Chaque jour, L'espace en tête, président du Centre national d'études spatiales (CNES), nous emmène à la découverte de l'espace. Aujourd'hui, l’Homme sur Mars.

Même si cela semble actuellement l’une des seules destinations atteignables par l’Homme dans un délai raisonnablement imaginable, avec la dizaine d’années comme unité de temps, aller sur Mars reste aujourd’hui encore un véritable défi. 

La difficulté fondamentale est liée à la mécanique spatiale qui fait que les deux planètes sont du même côté du Soleil tous les 26 mois, avec une distance minimale de 55 millions de kilomètres et qu’elles se trouvent en opposition par rapport au Soleil, quelques 13 mois plus tard. Par ailleurs, afin de minimiser l’énergie nécessaire aux voyages et donc la taille des fusées, il faut utiliser une trajectoire en ellipse, environ 10 fois plus longue que la distance minimale entre les planètes. Tout cela fait qu’un trajet aller prendra au moins six mois et que, sauf à repartir aussitôt, il faudra alors demeurer un cycle de 26 mois avant d’envisager un retour de six nouveaux mois. Au total, un aller-retour vers Mars c’est a priori une expédition d’un peu plus de trois ans.

Ensuite, avec les distances mises en jeu, les communications vont nécessiter entre 3 et 20 minutes environ et seront même totalement impossibles lorsque les deux planètes seront opposées par rapport au Soleil. Associées au fait que les demi-tours seront impossibles, cela impose un besoin d’autonomie totale, alimentaire, médicale, énergétique, décisionnelle, technique, des équipages sur la durée de l’expédition.

Face à ces difficultés et à bien d’autres, comme les radiations, la condition physique des astronautes, la précision et les conditions d’arrivée sur Mars, la transformation de ressources locales, la mise en place d’habitats pour n’en citer que quelques-unes, la coopération internationale, en plus d’être un objectif en soi de l’aventure, apparait comme une nécessité pour résoudre le défi aux niveaux politique, budgétaire et technique.

Les agences spatiales s’y emploient. Pour atteindre l’objectif, elles établissent en commun, des feuilles de route et des projets avec une approche d’étapes incrémentales par l’orbite basse en utilisant au mieux la station spatiale internationale puis, à relativement court terme, avec une escale autour de la Lune et probablement un retour à la surface de celle-ci. La NASA devrait faire voler son lanceur lourd et son nouveau vaisseau pour l’espace lointain avec des hommes au début de la prochaine décennie. Des initiatives privées y participent et elles sont sollicitées afin d’associer toutes les forces à l’aventure.

Malgré tout, il est encore bien difficile de dire précisément quand l’Homme posera le pied sur Mars.