L'espace en tête - La surface de Mars

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L'espace en tête est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, L'espace en tête, président du Centre national d'études spatiales (CNES), nous emmène à la découverte de l'espace. Aujourd'hui, la surface de Mars.

La surface de Mars a été cartographiée pour la première fois par la sonde américaine

Mariner 9 au début des années 70. Les sondes Viking en 1975 ont amélioré cette

cartographie avec une résolution globale d’environ 1 km. Mars se caractérise par une

dichotomie globale : les plaines du Nord, jeunes et dépourvues de cratères, couvrent 40 %

de la planète et les plateaux du Sud, situés à 6.000 mètres d’altitude, sont couverts de

cratères révélant une surface très ancienne.

Une différence majeure entre Mars et la Lune, est que la planète rouge possède un

gonflement tectonique de 7.000 mètres d’épaisseur et de 5.000 km de diamètre, le dôme de

Tharsis sur lequel trônent quelques grands volcans dont Olympus Mons qui culmine à

22.000 mètres d’altitude et dont la base a la dimension de la France. La présence de ces

gigantesques volcans est un argument en faveur de l’absence de tectonique des plaques

sur Mars, le point chaud souterrain alimentant le même volcan.

La présence d’eau liquide à la surface de Mars, est observée à travers deux types de

manifestations : les vallées ramifiées anciennes qui sont des fleuves asséchés et les

vallées de débâcle plus récentes, qui proviennent d’une résurgence de grande quantité

d’eau du sous-sol qui s’écoule ensuite et érode les terrains.

Ces mécanismes d’érosion par l’eau ne permettent pas de confirmer que Mars a été chaude

et humide sur des échelles de temps géologiques. En 2005, les observations de la caméra

hyperspectrale Omega, financée par le CNES et embarquée à bord de Mars Express, ont

permis d’identifier des roches sédimentaires altérées par l’eau : des sulfates hydratés et

des argiles. Les sondes qui recherchent des preuves de vie anciennes sur Mars se posent

sur des zones argileuses, les plus prometteuses pour cette recherche. C’est le cas du rover

Curiosity dans le cratère Gale, qui doit arriver cet été sur la zone argileuse dont on pense

que ce minéral a piégé en son sein des molécules organiques, voire pré biotiques au

moment de sa formation. Lancées en 2020, les sondes ExoMars de l’ESA et Mars 2020 de la

NASA, se poseront également sur des sites argileux.

Une grande inconnue concerne l’intérieur de Mars qui n’a jamais été sondé. C’est l’objectif

de la mission américaine InSight qui emporte un sismomètre français SEIS chargé de

sonder le sous-sol afin de déterminer les principaux paramètres de la structure interne de

Mars : taille du noyau et du manteau, épaisseur de la croûte. Lancé le 5 mai dernier, InSight

se posera sur Mars le 26 novembre.