Racisme dans le football : le geste de Moussa Marega doit faire réfléchir les autres joueurs et les arbitres

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L'édito sport est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Moussa Marega, un joueur de Porto, a quitté le terrain parce qu’il était victime d’insultes racistes. Pour Virginie Phulpin, l’arbitre et ses coéquipiers auraient dû le soutenir.

Si on veut vraiment lutter contre le racisme dans le foot, il va falloir passer à la vitesse supérieure. Ça doit être un des enseignements de cette triste soirée au Portugal. Pour la première fois, un joueur a donc quitté le terrain parce qu’il ne supportait plus les insultes racistes dont il était victime. Déjà, on peut saluer le courage de Moussa Marega. On a beaucoup entendu de belles paroles contre le racisme, mais lui, il est allé au bout de ses idées.

On va revenir sur ce qu’il s’est passé. C’était un match du championnat portugais. Le FC Porto de Moussa Marega affrontait le Vitoria Guimaraes. Pendant tout le match, l’attaquant a entendu des chants, des insultes racistes et des cris de singe descendre des tribunes. À l’heure de jeu, il a marqué, en donnant l’avantage 2-1 à son équipe. Il s’est approché des tribunes adverses pour célébrer son but. Des supporters n’ont rien trouvé de plus intelligent que de lui lancer un siège des tribunes. Excédé, Moussa Marega a soulevé ce siège. La réaction de l’arbitre : carton jaune. Alors d’accord, c’est dans le règlement. Mais à un moment il faut peut-être lever la tête de ce règlement et appréhender la situation dans son ensemble. Punir un joueur victime d’attaques racistes, est-ce que c’est vraiment ce qu’on attend d’un arbitre ?

10 minutes plus tard, Moussa Marega n’en peut plus. Il veut quitter le terrain. Et que font ses coéquipiers ? Ils le retiennent. L’attaquant finit par sortir quand même et son entraîneur le remplace. Ouf, ils ont évité le scandale et les points perdus.

Pour Virginie Phulpin, son équipe aurait dû soutenir Moussa Marega.

Vous imaginez le message que vous envoyez en essayant de le retenir ? Allez, ça n’est pas si grave, des insultes racistes, on a quand même un match à gagner. Pardon ? Donc Virginie Phulpin s’adresse aux joueurs "si un de vos coéquipiers est victime de racisme, soutenez-le ! Votre devoir moral, c’est de quitter le terrain avec lui, pas de chercher à le retenir pour ne pas perdre le match. Sinon ça recommencera". Il n’y a qu’en arrêtant le spectacle que les racistes des tribunes seront punis. Ils ne peuvent pas comprendre autrement, il ne faut pas trop leur en demander, vous savez. Alors l’entraîneur de Porto a beau dire après le match que l’attitude des supporters racistes est inacceptable, c’est un peu tard et un peu faible comme réaction.

Le geste de Moussa Marega doit faire réfléchir les autres joueurs, les arbitres, et les instances du foot. Arrêtons avec les slogans "dites non au racisme" et suivons l’exemple de l’attaquant malien si on veut faire bouger les choses. Sa réaction doit être le point de départ d’un changement profond.