PSG/Basaksehir Istanbul : les footballeurs se sont montrés plus grands que le football

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L'édito sport est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Chaque jour, la matinale d'Europe 1 revient sur l'un des événements sportifs qui fait l'actualité. Ce mercredi, Virginie Phulpin revient évidemment sur le match de Ligue des Champions entre le PSG et Basaksehir Istanbul qui a été interrompu ce mardi soir pour des accusations de racisme. Les joueurs ont décidé de quitter le terrain en guide de protestation. Pour Virginie Phulpin, ce sont les footballeurs qui font évoluer leur sport, pas les instances.

Le match PSG/Basaksehir Istanbul a été arrêté ce mardi soir en Ligue des champions. Le quatrième arbitre est accusé de propos racistes envers un membre du staff du club turc. Les deux équipes sont rentrées au vestiaire. Un geste qui fera date. Pour Virginie Phulpin, ce sont les footballeurs qui font évoluer leur sport, pas les instances. 

Le football appartient aux joueurs. Ils viennent de se réapproprier leur sport, de lui redonner des lettres de noblesse. La lutte contre le racisme, c’est par eux que ça passera, et par personne d’autre, sûrement pas par les instances atones du football.

Ce 8 décembre 2020 va rester comme le jour où les joueurs se sont soulevés ensemble, et rien ne sera plus comme avant. Jusque-là, à chaque acte raciste, on voyait les joueurs calmer la victime et l’inciter à reprendre le match. Pas ce mardi.

Le quatrième arbitre a désigné un membre du staff d’Istanbul, par sa couleur de peau. Virginie Phulpin ne veut pas entendre d’analyses sémantiques sur le terme employé. Désigner un homme par sa couleur de peau, c’est du racisme, point.

Et là, Demba Ba est monté au front. Le joueur du Basaksehir a protesté, il a informé les autres. Coéquipiers comme adversaires. Et tout le monde est sorti du terrain, comme un seul homme.

On est en Ligue des champions, le PSG joue sa qualification pour les huitièmes de finale. Mais les Parisiens ont compris que ça n’était pas l’important. Que la lutte contre le racisme passait avant les résultats. Se comporter en hommes avant de se comporter en joueurs, c’est la plus belle image qu’ils pouvaient donner. Et ça prouve une fois encore que demander aux joueurs de s’occuper de leur ballon et pas des problèmes de société comme ça a beaucoup été fait ces derniers temps, c’est d’une bêtise crasse. Il s’est passé quelque chose cette année. Les footballeurs ont pris conscience de leur pouvoir de faire bouger les choses. Ce mardi soir, ils sont allés au bout de leurs idées. Chapeau, et merci.   

Les joueurs mettent aussi l’UEFA devant ses responsabilités. 

Il va falloir comprendre que le slogan "no to racism" que l’on voit partout dans les stades ne sert à rien à part à se donner bonne conscience. L’UEFA comme les autres instances du foot ne font que deux choses : se voiler la face en disant que le racisme n’existe pas dans le foot, et cibler les supporters. Ce sont eux les abrutis racistes. Sinon, il n’y a aucun problème.

Là, c’est un officiel, un arbitre, qui est en cause. Donc le problème est profond. L’UEFA ne devait même pas imaginer que ça pouvait arriver. Enfin, elle avait dit non au racisme. Du coup on a eu droit à une panoplie de réactions inappropriées. Pression sur les équipes avec des ultimatums pour reprendre le match, et le quatrième arbitre que l’on veut planquer dans le camion d’arbitrage vidéo et le remplacer. Mais enfin, les paroles des arbitres sont enregistrées, vous ne les écoutez pas ? Tout le monde les a entendues, sauf vous…

Le 8 décembre 2020, l’UEFA n’a pas été à la hauteur. Mais le 8 décembre 2020, les footballeurs se sont montrés plus grands que le football.