Parlons du XV de France d’aujourd’hui, pas de celui du passé ou de celui de demain !

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L'édito sport est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
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Alors que le XV de France débutera la Coupe du monde ce samedi au Japon face à l'Argentine, Virginie Phulpin pousse un coup de gueule et réclame que l'on parle de l'équipe actuelle en oubliant le passé.

La coupe du monde de rugby commence ce vendredi au Japon. Ça y est, c’est parti. Ce samedi, le XV de France affronte l’Argentine pour son premier match. Virginie Phulpin est soulagée, on va enfin vivre l’instant présent.

Comment on dit Carpe Diem en japonais ? Virginie Phulpin est un peu "Lost In Translation". Le XV de France et son cortège d’incertitudes jouent directement un match décisif ce samedi. Et c’est sans doute mieux comme ça. Pas pour être fixés immédiatement sur les ambitions ou l’absence d’ambition des Bleus dans cette compétition. Non. Pour être dans ce match, dans cette coupe du monde, pour vivre pleinement l’instant présent. Ça va nous faire du bien tant cette équipe de France et son staff nous donnent l’impression de vouloir être ailleurs depuis le début de la préparation.
Ça fait trois mois que le XV de France vit hors du temps. Des séances d’entraînement qui s’enchaînent, et des matches de préparation qui n’apportent jamais de réponses. Comme si il n’y avait pas d’échéance, là, ce samedi.
Jusqu’à ce jeudi, on avait du mal à savoir à quoi allait ressembler cette équipe en manque de leaders. Personne n’est vraiment installé. Même le capitaine Guilhem Guirado n’était pas sûr d’être titulaire. Bon, ça, c’est réglé, le capitaine sera bien sur le terrain, on évite une première un peu honteuse, et on peut enfin entrer dans cette compétition.

Virginie Phulpin trouve que l’on parle trop du passé et de l’avenir, mais pas assez du présent.

On est dans un entre deux qui ne semble intéresser personne. C’est quand même dingue. À l’approche de la coupe du monde, les anciens joueurs du XV de France content leurs souvenirs heureux depuis des semaines. "C’était bien en 1987, oh et en 1999 aussi, et puis tu te souviens de 2011 ?" Bien-sûr qu’il faut apprécier les heures de gloire de notre XV de France à leur juste valeur. C’est aussi avec ces épisodes passés qu’une équipe se construit. Mais la litanie des "c’était mieux avant", Virginie Phulpin aimerait bien qu’on arrête. À quoi bon mettre cette pression là sur l’équipe de France actuelle ? On dirait que l’on cherche à montrer aux joueurs que l’on n’attend rien d’eux cette année. Ils ont bien compris le message.
En plus, quand on ne parle pas du passé, on passe directement à l’avenir. 2023, la coupe du monde de rugby aura lieu en France. Même dans le staff du XV de France, Fabien Galthié est déjà présent. C’est lui qui va remplacer l’actuel sélectionneur, Jacques Brunel, quand il partira. Et le voir déjà là, ça donne l’impression de sauter la case 2019. Personne n’a envie de la jouer, cette coupe du monde ?
Heureusement, il y a un homme qui peut faire le lien entre passé et futur. Romain Ntamack va guider le jeu des Bleus demain. Son père Emile est allé en finale de la coupe du monde 1999. Mais lui, il a 20 ans, l’avenir devant lui. Et le présent aussi.