Ligue des champions : la victoire de Stéphanie Frappart pour l'égalité

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L'édito sport est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Chaque jour, la matinale d'Europe 1 revient sur l'un des événements sportifs qui fait l'actualité. Ce mercredi, Virginie Phulpin se félicite de l'évolution des mentalités dans le football. Stéphanie Frappart sera la première femme à arbitrer un match masculin de Ligue des champions. Elle officiera lors de la rencontre entre la Juventus et le Dynamo Kiev. Pour Virginie Phulpin, c'est un début de victoire mais celle-ci sera totale quand une femme à l'arbitrage ne sera plus un événement.

En Ligue des champions, l’OM a battu l’Olympiakos 2-1, ce mercredi soir le PSG défie Manchester United et Rennes joue à Krasnodar. Mais Stéphanie Frappart va aussi représenter la France. Elle sera l’arbitre de Juventus Turin Dynamo Kiev. Une première pour une femme en ligue des champions masculine. Pour Virginie Phulpin, la bataille sera gagnée quand on ne se préoccupera plus de savoir si l’arbitre est un homme ou une femme.  

Un jour, on ne dira plus "c’est la première femme à arbitrer" telle ou telle compétition. Ce ne sera plus un sujet, tout simplement. Parce qu’elles seront nombreuses, et que ça n’est pas le sexe qui compte, mais la compétence.

Ce jour-là, il faudra se souvenir de Stéphanie Frappart. Une pionnière qui a essuyé les plâtres et les remarques sexistes en se faisant une place de choix au sein du corps arbitral. Une femme qui fait tomber les barrières une à une, inexorablement. Première femme arbitre en Ligue 2, puis en Ligue 1, puis en finale de la Supercoupe d’Europe, puis en match international, et maintenant donc en Ligue des Champions masculine.

N’en déplaise aux grincheux anonymes des réseaux sociaux, non, elle n’est pas là juste pour faire bien et féminiser l’image du foot. Vous croyez franchement que l’UEFA cherche à se donner bonne conscience ? Les instances du foot et la conscience sont des mots qui vont moins bien ensemble que femme et arbitre.

Elle est là parce qu’elle a prouvé qu’elle en avait les compétences. Parce qu’elle a conquis sa place en montrant aux joueurs et aux entraîneurs qu’elle était bel et bien arbitre de haut niveau. Et aujourd’hui, elle est parfaitement acceptée. D’ailleurs pour les joueurs dans les grandes compétitions, ça n’est déjà plus un sujet.  

La ligue des champions masculine, c’est un maximum de visibilité qui peut faire avancer les choses. 

On va quand même voir Cristiano Ronaldo sous les ordres de Stéphanie Frappart ce mercredi soir. Et oui, ça fait gagner quelques années de lutte ce genre d’image.

Il y a quelques semaines Virginie Phulpin avait parlé de cette arbitre femme qui avait été victime de violences lors d’un match de jeunes amateurs en Ile de France. Petit à petit, en voyant les plus grands joueurs être arbitrés par des femmes, ça va faire son chemin dans les têtes. Alors ça ne suffit pas, évidemment qu’il faut sanctionner les violences. Mais Stéphanie Frappart en ligue des champions masculine, c’est le début d’une normalisation des femmes arbitres dans le foot.

Ça suscite des vocations aussi chez les plus jeunes. Elles peuvent s’identifier à une arbitre qu’elles voient sur les plus grands terrains européens. Et plus il y aura de candidates, plus il y aura d’élues. Bientôt, la question du sexe de l’arbitre n’en sera plus une. On se demandera juste si on dit le ou la VAR… Mais ça c’est un autre problème.