France-Hongrie : le retour des stades pleins est à double tranchant

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L'édito sport est une chronique de l'émission Europe Matin - 6h-9h
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Chaque jour, la matinale d'Europe 1 revient sur l'un des événements sportifs qui fait l'actualité. Ce lundi, Virginie Phulpin revient sur le match nul accordé par la France contre la Hongrie dans un stade plein ce samedi à Budapest. Selon elle, le retour du public est à double tranchant.

Samedi après-midi, les Bleus ont fait match nul 1 partout contre la Hongrie à Budapest. Un match décevant de la part de l’équipe de France. Il s’est déroulé dans un stade plein à craquer, et ça faisait bien longtemps qu’on attendait ça. Mais pour Virginie Phulpin, les tribunes pleines, c’est à double tranchant, surtout quand ça se passe en Hongrie.  

A la base, c’est fantastique de voir 56.000 personnes dans un stade chauffé à blanc, un bruit assourdissant, des chants et des encouragements du début à la fin. On a vu revivre le football samedi lors de Hongrie France à Budapest. Enfin, on l’a vu revivre dans les tribunes, pas forcément dans le jeu de l’équipe de France. Mais ça n’est pas la question ce matin.

Le problème, c’est que les supporters hongrois sont loin d’être tous des enfants de chœur. Il y a même parmi eux une frange franchement raciste, autant dire les choses clairement. Et ça n’a pas raté : de nombreux témoins évoquent des cris de singes lancés des tribunes à l’encontre de joueurs de l’équipe de France, quand Pogba, Kanté ou Mbappé touchaient le ballon. L’UEFA a ouvert une enquête, comme elle en a ouvert une pour une banderole homophobe lors de Hongrie Portugal. Ces gens-là ne viennent pas au stade pour profiter de l’Euro, pour encourager leur équipe, ou pour voir du football, ils viennent aussi pour déverser leur haine. Et à l’heure où l’UEFA envisage de déplacer les demi-finales et la finale de Londres à Budapest pour avoir un stade plein, ce genre d’incidents devrait quand même faire réfléchir l’instance européenne.   

Les joueurs de l’équipe de France n’ont pas entendu ces insultes.

Il y avait tellement de bruit qu’ils n’ont pas entendu. Mais ça n’est pas pour ça que c’est moins grave. Et Virginie Phulpin se demande ce qu’ont à dire tous ceux qui s’offusquaient que les joueurs de l’équipe de France veuillent mettre un genou à terre pour lutter contre le racisme. Vous ne trouvez pas que le problème, c’est cette haine de la part de ces supporters-là, plutôt que de vouloir lutter contre les discriminations ? Vous ne trouvez toujours pas que les joueurs ont le droit de se faire entendre sur cette question, qu’ils sont légèrement concernés ?

Samedi, le sport français a perdu un de ses plus fervents passionnés. Philousports. Il tweetait sur tous les sports, et notamment sur le foot, il avait réussi à se faire une place dans le cœur de tous les sportifs grâce à son humour et sa bienveillance. Il venait même de créer une chaîne Twitch dédiée au sport, alors qu’il luttait inlassablement contre sa myopathie. Samedi, après le match des Bleus, il est parti. Ce serait bien qu’on se souvienne que le foot, c’est ça. Ce sport qui gomme les différences et rend possibles tous les rêves, plutôt que de la haine déversée par ces supporters hongrois qui ont insulté les Bleus. Le foot qui rassemble, c’est celui qui faisait briller les yeux de Philou.