EDITO - "On rouvre tout, sauf les stades"

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L'édito sport est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Le premier ministre Edouard Philippe a détaillé hier la phase 2 du déconfinement, à partir du 2 juin. Pour Virginie Phulpin, le sport professionnel et son public sont un peu les punis de l’histoire, pour l’instant en tout cas. 

J’ai l’impression qu’on rouvre tout sauf les stades. Et j’ai un peu de mal à comprendre la logique. Jusque là, je trouvais que les décisions françaises sur le sport professionnel étaient parfaitement adaptées à la crise sanitaire. Oui, il fallait arrêter les championnats et ne pas faire de la reprise du foot ou du rugby par exemple une cause nationale qui passerait avant les autres secteurs. Pour moi on a eu raison de ne pas chercher à reprendre à marche forcée comme on l’a vu dans d’autres pays européens. Oui, la priorité, c’est la santé. Mais là, hier, le premier ministre a annoncé la réouverture des cinémas le 22 juin, des salles de spectacle dès le 2 juin en zone verte et le 22 en zone orange. Et sur les stades, rien. Pourtant, comme on en a déjà parlé cette semaine, faire rentrer un nombre limité de supporters, ce serait possible. Si on peut aller au cinéma, pourquoi pas dans un stade ? C’est à ciel ouvert, en plus. Alors vous allez me dire « de toute façon il n’y a pas de matches, donc ça ne sert à rien de se poser la question ». Oui sauf que pour le foot il y a des finales qui peuvent encore se jouer, coupe de France et coupe de la ligue. Aucune date n’est arrêtée pour l’instant. Et vu que le gouvernement a acté la reprise des entraînements pour le 2 juin, je ne vois pas bien pourquoi on ne les jouerait pas, ces finales. Si on s’entraîne, autant jouer après. En fait, je pense qu’il ne fallait pas faire de la reprise du sport pro une priorité, c’est sûr. Mais il ne faudrait pas non plus en faire le dindon de la farce. 

Il faudrait reprendre les championnats de foot et de rugby ? 

Ca paraît compliqué. Le premier ministre a d’ailleurs dit hier qu’il assumait totalement l’arrêt définitif de la saison de Ligue 1. Je ne suis pas en train de retourner ma veste et de dire qu’il faut reprendre à tout prix, je vous rassure. Je pense que la France a eu raison d’être ferme au départ, mais que tout est maintenant une question d’adaptation à la situation sanitaire qui a largement évolué. Du pragmatisme, quoi. Si on reprend tous les loisirs, pourquoi ne pas envisager aussi une reprise du sport pro ? En fait, ce serait faire exactement le contraire de ce qu’on voit en Angleterre, où la reprise du championnat de foot a été annoncée hier pour le 17 juin alors que les indicateurs sanitaires sont au rouge. Nous, on a attendu que ces indicateurs soient au vert. Maintenant, on peut peut-être se poser la question d’une éventuelle reprise. En tout cas, maintenant, on peut et on doit envisager le retour d’une partie du public, que ce soit sur les routes du Tour de France en août ou à Roland Garros fin septembre.