EDITO - "Les accords commerciaux, ce n’est pas exactement ce qui nous fait rêver dans le foot"

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© Europe 1
L'édito sport est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Mercredi, Virginie Phulpin s'attaque à un des côtés les moins attrayants du football, les accords commerciaux, à l'occasion de la signature d'un partenariat entre le PSG et Fanatics, une entreprise spécialisée dans les produits dérivés, pour booster les ventes en ligne du club. Elle explique pourtant que ce type d'accord peut avoir un impact sur le plan sportif.

Le PSG a signé un partenariat avec Fanatics, une entreprise américaine spécialiste des produits dérivés. Le but : stimuler son commerce en ligne. Pour Virginie Phulpin, qu’on le veuille ou non, même si ça n’est pas très romantique, c’est aussi comme ça qu’on devient un grand club.

"C’est tellement tentant de dire que le PSG s’affirme comme un géant du business en restant un nain sportif au niveau européen. Forcément, les accords commerciaux, ça n’est pas exactement ce qui nous fait rêver dans le foot. On a envie d’épopées fantastiques, d’équipes solidaires, de génies du ballon et d’entraîneurs charismatiques pour construire un palmarès et une histoire. On a besoin de vibrer et de s’extasier, et c’est le terrain qui nous apporte ces émotions.

C’est un peu plus rassembleur que la signature d’un partenariat commercial sur 10 ans qui vise à tripler son chiffre d’affaires sur les ventes de produits dérivés en ligne. Mais si on avait tort, finalement ?

Rassurez-vous, je ne vais pas vous demander de pousser des cris de victoire devant un compte de résultat positif. Mais un club de foot, c’est aussi une marque. Et développer sa marque pour conquérir des marchés, c’est une façon de grandir, de se faire apprécier au niveau mondial, et à la fin, c’est sur le terrain que ça se verra. J’ai bien conscience que ça peut être un peu déroutant, parce qu’on a tendance à se dire que les résultats sportifs viennent en premier, et que c’est comme ça qu’on se fait aimer. Sauf que ça ne marche plus forcément dans ce sens là. Ca n’empêche évidemment pas de se concentrer aussi sur le sportif, mais un accord commercial de cette ampleur, dans un premier temps, c’est plus sûr que de compter sur une éventuelle victoire en Ligue des champions.  

Cet accord avec Fanatics peut-elle aider le PSG à gagner cette Ligue des champions ?

Que personne ne monte sur ses grands chevaux, je sais que ça ne s’achète pas, une Ligue des champions. Mais comment font les grands clubs européens qui la gagnent régulièrement ? Ils ont aussi des accords commerciaux de grande ampleur qui leur permettent d’avoir des équipes compétitives... Je ne dis pas que ça suffit, bien sûr, et heureusement, mais c’est essentiel.

Du Barça au Real Madrid en passant par Manchester, on joue sur les deux tableaux, le sportif et le business, et c’est le business qui nourrit le sportif. Là, le PSG veut passer en trois ans d’un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros par an avec son commerce en ligne à 50 millions. Ca permet d’augmenter ses revenus pour rentrer dans les clous du fair-play financier, ça permet aussi d’envisager de garder ses meilleurs joueurs. Ce n’est pas romantique, c’est sûr, c’est pragmatique. Et ça peut profiter à l’ensemble du foot français. Alors ne regardons pas cet accord commercial en nous bouchant le nez, on n’a pas les moyens, surtout en ce moment. Et à la fin, rassurons-nous, la vérité, elle, sera toujours sur le terrain.