Arbitre agressée en novembre : dessanctions beaucoup trop faibles !

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L'édito sport est une chronique de l'émission Europe Matin - 6h-9h
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Chaque jour, la matinale d'Europe 1 revient sur l'un des événements sportifs qui fait l'actualité. Ce mercredi, Virginie Phulpin s'insurge face aux sanctions trop faibles prises à l'encontre du club amateur de football de la JS Pontoisienne après l'agression d'une arbitre en octobre dernier.

Il y a deux mois, une jeune arbitre a été agressée lors d’un match de foot amateur dans le Val d’Oise. Virginie Phulpin avait appelé à des sanctions exemplaires. Ça y est, les sanctions sont tombées mais elle ne les trouve pas encore assez lourdes si on veut vraiment enrayer la violence dans le sport amateur. 

Rappelons les faits pour qu’on se rende bien compte de la gravité de ce qui s’est passé en octobre. C’était un match départemental des moins de 18 ans, la JS Pontoisienne recevait le FC Ecouen. Une rencontre émaillée de violences. L’entraîneur de la Pontoisienne est entré sur le terrain à deux reprises pour contester plus qu’énergiquement les décisions de l’arbitre. Puis un joueur de cette équipe a pris un carton rouge, il s’est retourné contre l’arbitre. Tout un florilège d’insultes sexistes et discriminatoires y est passé, et il lui a donné un coup de coude à la mâchoire. Match arrêté, mais les encadrants du club ont poursuivi leurs intimidations jusque dans les vestiaires. Voilà le tableau.

Donc évidemment que l’on attendait des sanctions exemplaires, parce qu’on ne veut plus voir ça sur un terrain de sport. La commission de discipline du Val d’Oise n’a pas été laxiste, elle a pris ses responsabilités vis à vis du joueur incriminé lourdement puni. Six ans de suspension. Pendant six ans, il ne pourra pas avoir de licence de la fédé. Cela dit, il jouait sans licence, ce dimanche-là, donc ça ne devrait pas le perturber plus que ça. Mais pour le joueur, la sanction est logique et ferme. Très bien.  

C’est pour les encadrants que les sanctions sont moins lourdes 

Trois ans de suspension pour l’entraîneur, 18 mois pour un dirigeant présent lors du match, et six mois pour le président qui n’était pas présent ce dimanche-là. On parle quand même de ceux qui sont sensés encadrer les jeunes, les éduquer par le sport, montrer l’exemple. Et tout ce qu’ils ont fait, c’est participer activement à l’agression de l’arbitre, envenimer les choses et surtout pas calmer les joueurs, au contraire. Le tout, avec des jeunes qui jouent sans licence ou sous une fausse identité. Ça, c’est leur responsabilité à eux.

Honnêtement, ils n’ont plus rien à faire dans un club amateur. Ni maintenant, ni dans quelques mois. Ces encadrants-là sapent tout le travail de la grande majorité des bénévoles, et ils en dégoûtent beaucoup d’autres qui auraient pu avoir envie d’arbitrer des matches amateurs. C’est ce genre de personnages qui pourrissent le climat dans les petits clubs, et qui font que certains parents se disent "ben non, je ne veux pas que mon enfant s’inscrive au foot". Alors oui, une radiation pure et simple aurait parue plus adaptée à Virginie Phulpin.

La période est extrêmement compliquée pour les clubs amateurs. Ils sont à l’arrêt, les difficultés financières s’accumulent. Si on veut qu’ils restent un lien social et sportif, il faut être encore plus intransigeant.