2:35
  • Copié
SAISON 2016 - 2017

Yves Thérard livre son analyse sur le renoncement de François Hollande à se présenter à la prochaine élection présidentielle.

En fait, François Hollande ne renonce pas, il est tout simplement empêché de se représenter. Car c’est bien malgré lui qu’il jette l’éponge. Il est empêché par son impopularité. Il voyait bien dans les sondages qu’il allait au casse-pipe, que personne ne voulait plus de lui, y compris chez les socialistes. Il était prisonnier d’une primaire qu’il aurait perdue. La honte suprême. Il est empêché par son bilan, nul de bout en bout, et pas seulement contre le chômage. Tout ce qu’il a entrepris, il l’a raté : de la déchéance de nationalité, abandonnée, à la réforme du collège, rejetée par tout le monde. Il est empêché enfin par son comportement, indigne d’un chef de l’Etat, qui se couche devant Léonarda, la jeune clandestine kosovare, qui se promène à scooter pour rendre visite à sa maîtresse, qui se confie à des journalistes pour dire des choses qu’un président ne devrait jamais dire…
 
Hollande n’a plus que la légalité de son élection de 2012 pour lui. Il n’a plus de légitimité ni d’autorité depuis longtemps. Se représenter était impossible. Il rend un service énorme à la France en quittant la scène. Sarkozy et Hollande sortis, une nouvelle page va s’ouvrir. Elle ne peut qu’être bénéfique pour notre pays qui souffre d’immobilisme depuis des années quand d’autres se réforment. Il rend aussi service à la gauche, qu’il a déconsidérée par sa politique de gribouille. Le PS, devenu un cadavre à la renverse, va devoir faire sa révolution s’il veut survivre après s’être fracassé sur le mur de l’exercice du pouvoir.

Rien de ce qu’il a dit hier ne prouve qu'il soutiendra Manuel Valls : "Tous les progressistes doivent s’unir", a -t-il lancé. "Progressiste", le mot a été préempté par Macron pour sa campagne. "Et si Hollande soutenait Macron" : c’était le titre de mon édito, ici même, le 19 octobre…