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SAISON 2016 - 2017

En plus de ne pas avoir réussi à rassembler son propre camp, François Hollande risque de ne pas voter Hamon. 

Au PS, le procès de Hollande est engagé

 

Accusé Hollande, levez-vous ! Inutile de dire qu’au PS et dans l’entourage du candidat Hamon, le président de la République n’est pas en odeur de sainteté.

Interrogé hier sur l’engagement de Hollande dans la campagne, le député d’Indre-et-Loire, Laurent Baumel, me répondait : "Je m’en fiche complètement". Sentiment partagé par beaucoup dans les rangs.

La disgrâce est totale, les mots sont violents, la haine est virulente.

Celui qui a été premier secrétaire du PS pendant onze ans, de 1997 à 2008, est tenu pour responsable de la débandade de son parti et de la dégringolade du socialisme français.

Si son procès était instruit, il n’aurait aucune circonstance atténuante : ce serait le goulag ou la peine de mort.

 

Quels sont les chefs d’accusation ? 

 

Le réquisitoire est impitoyable. Il est coupable d’avoir installé un climat délétère dans le parti en étant incapable de le rassembler.

On lui reproche des tactiques minables comme sur la déchéance de la nationalité, d’avoir fracturé la gauche avec une loi travail inutile.  On dénonce aussi l’insignifiance absolue de sa volonté à inverser la courbe du chômage, qui s’est terminée en eau de boudin.

Hollande, c’est le traître qui n’a pas tenu ses promesses, le fossoyeur du PS par son indécision et ses petits calculs personnels à deux balles.

Si vous ajoutez à cela que le chef d’Etat risque fort de ne pas voter Hamon, Hollande est en plus coupable d’être un déserteur.

 

Certes, mais ce sont les frondeurs qui l’accusent ainsi

 

Oui, et en leur tournant le dos, Hollande prend sa revanche sur ceux qui se sont opposés à lui pendant son quinquennat.

Mais, à quelques exceptions près comme Najat Vallaud-Belkacem, ce sont les frondeurs, donc les minoritaires du PS, qui portent aujourd’hui le vieux parti de Mitterrand et la candidature de Hamon. Tous les autres ont claqué la porte ou sont sur le départ. Réduit à une peau de chagrin, promis à un humiliant échec à la présidentielle, le PS est en train de se purger de l’intérieur. Qu’en restera-t-il ? Réponse après le 23 avril.