Premiers mouvements de l’après européennes à gauche

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L'édito politique est une chronique de l'émission Toute l'info du week-end
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Chaque matin, Michaël Darmon évoque un sujet précis de la vie politique.

Ces deux derniers jours, on a beaucoup entendu Jean-Yves Le Drian sur les otages et leur comportement, mais aussi sur l’état du PS et c’est beaucoup plus rare. Pourquoi Le Drian donne-t-il de la voix ces jours-ci ?

C’est une lapalissade chez Jean-Yves le Taiseux. Il parle quand il ne peut plus se taire. Or, ces jours-ci, il trouve que la droite est un peu trop active dans le "En même temps macroniste".
Il avait déjà mis les pieds dans le plat en novembre 2018 à propos des tensions liées à la hausse des taxes sur le diesel. En critiquant l’attitude d’Édouard Phillipe sur Europe 1, il avait reçu un message en colère du Premier ministre dès la sortie du studio.

Cette fois, Le Drian dirige ses frappes toujours stratégiques sur le pack de droite. Dans Le Parisien, il juge le PS en état de "suicide lent", étonnante formule, ça c’est pour faire le titre. Sur le fond, Jean-Yves Le Drian souhaite que la gauche se fasse entendre un peu plus au sein de LREM.
Cette sortie confirme les appels du pied électoral vers la gauche.
Après Macron qui cite Mitterrand sur le nationalisme, voilà Le Drian qui souhaite que la gauche s’exprime chez les Marcheurs. Il relance les questionnements sur le fameux signal social à donner pour certains après le grand débat.
Mais une fois de plus, Jean-Yves Le Drian dément toute ambition pour Matignon. Sans doute une manière de dire "si ça arrive un jour, ce n’est pas de ma faute".
En effet, Le Drian fait ainsi un petit rappel utile à tous les prétendants "Matignon n’est pas une ambition, c’est une nomination. Pour y aller, vaut mieux ne pas y aller".

Le constat de l’état d’agonie du PS est partagé par une autre personnalité socialiste, Jean-Christophe Cambadelis, qui reprend les gants et remonte sur le ring ?

L’ancien Premier secrétaire ne peut se résoudre à voir son parti prendre l’eau de toute part.
Il entame un tour de France pour lancer une plate forme socialiste articulée sur les élus locaux et le mouvement associatif, votera pour la liste Glucsmann pour montrer sa loyauté et fera des propositions après les Européennes. Forcément, ça rend la direction du parti un peu méfiante.
Cambadelis inaugure ainsi cette période qui s’annonce vitale pour le PS et se positionne au sein du parti qu’il a dirigé. Il lance les grandes manœuvres, on verra si c’est avec ou contre Olivier Faure.

Alors que la sociale démocratie est au pouvoir en Espagne et au Portugal, le PS est le parti social démocrate le plus faible d’Europe.
Le message de Cambadelis est clair, il veut parler à toutes les composantes de la gauche socialiste qui constatent au passage que François Hollande n’a pas appeler à voter pour la liste Glucksman le 26 mai. C’est peut-être une manière pour lui aussi de prendre date pour la suite.
En tous cas, chacun à sa manière, les anciens plaident pour un retour en efficacité et pour que le PS soit moins gauche.