Mélenchon : les raisons de la dérive et de la descente aux enfers

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L'édito politique est une chronique de l'émission Toute l'info du week-end
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Chaque matin, Michaël Darmon évoque un sujet précis de la vie politique.

Jean-Luc Mélenchon est au cœur d’une polémique depuis la perquisition de la police mardi dans ses locaux et à son domicile.
Elle dépasse la seule question de procédure et met en lumière les difficultés du leader de la France Insoumise. Que se passe-t-il avec Jean-Luc Mélenchon ?

On pose la question depuis mardi : est-ce un coup de com’ ou une sainte colère ?
En fait, disons les choses comme elles sont, Mélenchon (l’homme des coups d’éclat permanents) joue sa survie politique.

Et Mélenchon, l’érudit eructant, a bien du mal à négocier le virage imposé par ses troupes qui le contestent régulièrement. Dernier incident en date, le député de Marseille s’est publiquement accroché avec la députée Clémentine Autain au sujet de la question des migrants.
Le député de Marseille fait peu mystère de son envie d’être candidat à la mairie.
Ses positions sont à géographie variable, il est ferme sur les questions de sécurité à Marseille mais critique sur le gouvernement à Paris.
Et maintenant son dernier show : "Pas touche à mes privilèges ! Culotte pour un sans culotte !"

Depuis le début de la législature, le groupe des députés insoumis est régulièrement traversé par des tensions plus ou mois assumées mais qui existent bel et bien.
On se souvient de François Ruffin qui avait critiqué la stratégie de la guérilla du début de mandat en disant "nous ne sommes pas prêts pour gouverner".
Il s’était opposé en coulisses à Mélenchon lors de la grande manifestation (dite de la "marée humaine" en fait une vaguelette).

Tandis qu’une nouvelle génération d’élus dans la France Insoumise travaille et essaie d’installer une crédibilité d’élus d’opposition, Jean-Luc Mélenchon reste bloqué sur une lecture des rapports de forces historiques entre le Parti socialiste et l’extrême gauche perdu. Il est désormais plus "Musée Grévin" que "gréviste".

Il est perçu régulièrement comme le meilleur opposant à Emmanuel Macron, peut-il vraiment s’opposer au président ?

Il est plutôt son meilleur impresario.
Souvenez vous de la rencontre récente entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon sur le vieux port. Après avoir qualifié le président de "grand xénophobe", il a battu en retraite devant lui en parlant d’exagération marseillaise.
En fait, le pouvoir l’impressionne.

Le jour des perquisitions, en bon trotskyste qui a tous ses réflexes d’antan, il utilise une technique classique : la violence de la réaction a fait diversion.
Et ça marche ! On ne parle que de l’incident beaucoup moins de la procédure en cours.

Mélenchon se moque du " qu’en dira-t-on" et encore moins de l’avis des députés insoumis, soumis à son dernier spectacle, lancer son baroud d’honneur pour ressouder son électorat.
Jean-Luc Mélenchon est trop intelligent pour faire fi de cette réalité qui le terrorise, il est prisonnier de ses coups d’éclats permanents.
Mélenchon a mené des meetings en projetant son image virtuelle. Aujourd’hui, il est en passe de devenir un hologramme politique.