"Marine Le Pen en 2019 : un retour en trompe l’œil"

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Le fait politique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
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Chaque matin de cette semaine, Michaël Darmon évoque les personnalités et les événements qui vont marquer 2019.

Sur le papier, le parti Rassemblement national est donné en tête du scrutin des européennes. Pour autant, le parti de Marine Le Pen peut-il bousculer le jeu politique ?

Dans quelques jours jours, elle devrait confirmer Jordan Bardella, le jeune porte-parole du parti, comme tête de liste pour les Européennes de mai. Un coup tactique : une promotion pour la jeune garde. Un coup aussi stratégique car c’est elle qui mènera la campagne en réalité et qui devra faire les émissions importantes selon son principe.

Au-delà de la vitrine pour les médias, nommer un homme de l’appareil à une autre conséquence stratégique. Cela permet à Marine Le Pen de pouvoir élargir le spectre au niveau de la liste avec des personnalités qui pourront envoyer un signal pour les élections suivantes. Ainsi, Thierry Mariani, transfuge des Républicains, devrait officialiser ces prochains jours son arrivée au RN et être en bonne position sur la liste RN des européennes.

Parce que le véritable enjeu pour Marine Le Pen n’est pas vraiment l’Europe mais le terrain français. La situation est plus délicate sur ce point. L'année prochaine auront lieu les élections municipales. En général, ce ne sont pas des élections favorables au RN. Le parti lepeniste soufre des stratégies d’alliances et d’une implantation militante relativement faible dans ces scrutins.

De plus, quelques responsables du parti font remarquer que les "gilets jaunes" ne se reconnaissent pas forcément en Marine Le Pen. La contradiction est perçue : les "gilets jaunes" est un mouvement anti-taxe, alors que le programme du RN organisé sur une forte intervention de l’état, n’est pas clair sur le niveau de fiscalité.

Il reste que Marine Le Pen, qui a tourné la page du mauvais débat entre les deux tours de l’élection présidentielle, à retrouver du punch, à la tête d’un parti à genoux financièrement et qui doit rassurer des pans entier de l’électorat notamment les retraités réfractaires aux thèses anti-euro du FN.

Ancrée dans sa circonscription, Marine Le Pen se prépare à être la candidate pour 2022. Mais en 2019, c’est à un effet d'optique auquel nous prépare : elle va accélérer, mais pour aller moins loin.