Macron garde la main sur la reconstruction de Notre-Dame : "Il capte la très haute fréquence politique de l’incendie"

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Le fait politique est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Chaque matin, Michaël Darmon évoque un sujet précis de la vie politique.

Cette semaine, mardi, les députés ont adopté la loi pour la reconstruction de Notre-Dame. Et vous nous dites c’est le nouveau domaine réservé du président de la République...

C'est depuis l’Elysée que se pilote tout ce chantier avec un général à sa tête, l'ancien chef d’état-major Louis Georgelin, appelé aux côtés du président de la République quelques jours après le sinistre du 15 avril. Dans trois mois sera créé par la loi un établissement public dont le général Georgelin sera sûrement le PDG, il sera d'ailleurs plus général que président ou directeur avec le ministère de la Culture.

Sa mission : coordonner les travaux faire les choix architecturaux et artistiques, artisans, architectes, artistes, scientifiques, financiers... Toute une galaxie de métiers comme au tant de la construction de la cathédrale va se mettre en action pour reconstruire l'édifice. Le projet est considérable. Et dans une course contre la montre avec le délai des cinq ans imposé par le président de la République.

Sur CNews il y a une semaine, Louis Georgelin à confirmé ce délai. il sera d’ailleurs l’invité dans la matinale d’Europe 1 lundi. C’est la marque d’une volonté très forte déclare-t-il. L’établissement public va gérer également les finances avec les dons très nombreux. La collecte continue, elle avoisine les 900 millions d’euros, dont 70 millions de l’étranger. Il faut savoir que Le Qatar a donné 20 millions d’euros selon le général Georgelin.

 

Pourquoi Emmanuel Macron veut il garder la haute main sur le dossier ?

Il capte la très haute fréquence politique de l’incendie de Notre-Dame. Il a compris dès le premier soir avec l’ensemble de l’appareil d’état au pied de la cathédrale en flammes. Ce lieu de culte est aussi une place pivot de l’histoire de France. Emmanuel Macron, en pleine semaine pascale, décide de repousser les annonces à la fin du grand débat et accompagne l’émotion collective autour de Notre-Dame. Il s'exprime même à la télévision sur le thème du récit national et de l’histoire de France dans une allocution au style très théâtral.

On est alors  en pleine campagne des européennes. Et la droite reste muette, ne pouvant ni critiquer ni applaudir. Après 6 mois de crise des 'gilets jaunes', Emmanuel Macron peut souffler : le centre de gravité passe des ronds-points au parvis. Et il martèle une formule : "Nous reconstruirons". Cette phrase était inscrite dans le discours du 15 avril, annulé pour cause d’incendie de la cathédrale.

Après deux ans de mandat, ce soir-la, le président Macron a compris que le mystère de la politique est insondable.