Macron et Philippe sous forte pression : pas d’autre choix que de bouger, mais avec quelles conséquences ?

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L'édito politique est une chronique de l'émission Debout les copains !
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Chaque matin, Michaël Darmon évoque un sujet précis de la vie politique.

Comment sortir de la crise des "gilets jaunes" ? La crise est devenue multiple, sociale, fiscale et économique.
Est-ce que des mesures seront annoncées aujourd’hui ?

Depuis ce lundi dans les coulisses du gouvernement, on l’admet “Il faudra bien sûr faire un geste on ne peut pas s’en sortir comme cela”, c’est ce confiait hier un ministre.
Par ailleurs, l’idée d’un moratoire sur les taxes sur le carburant faisait son chemin, on verra de quelle manière assez vite.

Mais la crise est devenue protéiforme. On le signalait depuis plusieurs jours, mais au sein du groupe des députés LREM, la fissure s’agrandit et les tensions sont assumées entre les élus qui demandent un changement global de politique et qui ciblent publiquement l’attitude du Premier ministre juge trop raide.

Édouard Philippe, en privé, dit ne pas être dupe de ces manœuvres pour l’atteindre et répète que cela fait bien longtemps qu’un gouvernement n’a pas eu comme marque de fabrique la constance et la cohérence.

On voit donc les lignes qui se dessinent. Un Premier ministre qui reste droit sur ses convictions et un président obligé de bouger ?

Les élus eux visent le Premier ministre mais c’est le président qui est visé en premier dans la rue.
Emmanuel Macron, lui, doit se sortir d’un face à face. Il ne veut pas ressembler à ses prédécesseurs qui ont reculé face à la pression, c’est sa hantise, d’où le tacle à François Hollande depuis le G20.

Mais pour autant, est ce que corriger une politique c’est s’humilier ou se grandir lorsque l’on dirige un pays ?
François Mitterrand, en son temps, a compris à plusieurs reprises qu’un recul pouvait apaiser des crises. On se rappelle du projet de l’école libre et du projet du CIP (sorte de smic jeune) retirés pour ne parler que de cela.
A-t-il pour autant perdu de son autorité présidentielle ? Ce n’est pas certain.

C’est l’un des enseignements de cette crise politique. Les "gilets jaunes" obligent Emmanuel Macron à repenser son lien avec les Français. Cela fait quelques temps que les avertissements arrivaient jusqu’à lui mais le président l’a compris trop tard.
Le voilà obligé de faire ce qu’il déteste : bousculer son agenda et subir les événements.