Les coulisses du remaniement

, modifié à
  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
L'édito politique est une chronique de l'émission Toute l'info du week-end
Partagez sur :

Chaque matin, Michaël Darmon évoque un sujet précis de la vie politique.

Ces 15 jours qui ont ébranlé la Macronie.
Il s’est passé beaucoup de choses dans les cuisines de ce remaniement, le plus long de la Ve république.

Tout d’abord, lorsque Emmanuel Macron se retrouve aux côtés de Jean-Yves Le Drian au conseil des ministres au lendemain du départ de Gérard Colomb, les deux échangent en chuchotant devant les autres ministres. “Je suis très heureux à ma place", lui dit le patron du quai d’Orsay. "Tu m’es très utile là où tu es", répond le président. Il sait que ce n’est pas la peine d’insister et qu’il faut donc chercher ailleurs.
Emmanuel Macron reçoit et évoque avec certains les options Castex, Darmanin qui se porte tout de suite candidat au nom du principe de l’homme de confiance.

Le président a en tête Frédéric Pechenard, il aime ses prises de positions contre Wauquiez sur l’internement des fiches S.
Dans les couloirs du ministère de l’Intérieur, où il a gardé des amis, on se réjouit de sa possible nomination.
Avec Pechenard, officiellement, ça a coincé sur le périmètre, ce n’est pas entièrement faux.
Mais surtout, Castaner (qui a réussi à éliminer ses rivaux dans la course en alertant les macronistes sur la droitisation du gouvernement) ne veut pas de Pechenard.
La solution sera trouvée avec Laurent Nunez, autre professionnel de la sécurité, le patron du renseignement intérieur.
C’est au retour d’Arménie que le président accélère ses discussions avec François Bayrou, très présent en coulisse durant cette quinzaine.
Il le convainc de revenir à son ADN de la droite de la gauche et de la société civile, et de donner la place aux centristes pour solidifier la majorité et la politique du gouvernement en direction des régions organisées en bastions : Gourault et Fesneau deviennent les piliers politiques du gouvernement.
Didier Guillaume, socialiste tendance social démocrate complète le tableau à l’Agriculture.
Macron bétonne sa majorité et fait un geste vers les amis d’Édouard Philippe.

Pas facile de se se séparer de ses proches pour Emmanuel Macron. Quelle est la méthode ?

Le principe est donné : les ministres ne sont pas des objets.
L’autre principe macronien est que "les premiers restent les premiers". Tous les sortants sont donc reçus.
Nyssen a été remerciée par le président en Arménie, dans les deux sens du terme.
Quant à Stéphane Travert, Macron souhaite envoyer ce marcheur de la première heure diriger LREM, mais là c’est une autre histoire qui commence.