Le silence de François Bayrou

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Le fait politique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h30
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Chaque matin, Michaël Darmon évoque un sujet précis de la vie politique.

Ce mercredi, surprise lors de l’élection de Richard Ferrand au perchoir.
Le candidat du Modem, Marc Fesneau, récolte 87 voix alors que le groupe comptait seulement 43 votants. Faut-il y voir une opération de François Bayrou qui reste bien silencieux ces derniers temps ?

Dans le Scrabble de la majorité ce mercredi, Modem : le mot qui compte double.
Et celui qui a posé les lettres c’est le président du Modem, François Bayrou, qui a validé cette candidature centriste contre Ferrand. C’est la naissance d’un groupe non pas de frondeurs mais de râleurs.
Le résultat c’est que Richard Ferrand passe au premier tour mais juste, seulement 11 voix lui ont évité un second tour.

Ce mercredi soir, les proches de François Bayrou se sont retrouvés pour fêter ce coup d’éclat, ils n’en revenaient pas eux même.
Enfin, disaient-ils, après les mauvaises manières des chefs marcheurs envers eux qui, pourtant, soutiennent le projet présidentiel.
Mais comme disait un élu Modem à Michaël Darmon hier, "la politique c’est aussi savoir poser des actes". En l’occurrence, le centre droit se rebiffe et c’est un avertissement clair à Ferrand et Macron.

C’est vrai que François Bayrou reste bien silencieux, lui qui aime donner son avis sur la politique menée.

En même temps, il ne dit rien. Une technique du silence qui précède peut-être le coup de tonnerre.
La semaine prochaine, François Bayrou réunit son parti pour les traditionnelles journées de Guidel. Il réunira les cadres en séminaire stratégique et prendra la parole, lui qui suit la rentrée présidentielle avec attention et voit l’exécutif pris de court.
Il connaît les tempos de la vie politique. Il sait qu’Emmanuel Macron va affronter des oppositions, que certains soutiens du début vont prendre leur distance, c’est le lot de la comédie humaine. Alors lui, affirme-t-il, sera toujours à ses côtés.
Et la peut-être, enfin, sera-t-il appelé à Matignon, le rêve qu’il caresse depuis la campagne présidentielle.
Enfin, Emmanuel Macron va peut-être mieux le considérer, peut-être.
Durant tout l’été, il a pris des notes et a écrit.
François Bayrou, le normalien, regarde Jupiter devenir normal et reprend son mantra "je l’avais dit, je ne suis dupe de rien".