Discours de politique générale : "Edouard Philippe passe de fondé de pouvoir à bouclier présidentiel"

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Le fait politique est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Chaque matin, Michaël Darmon évoque un sujet précis de la vie politique.

Comme prévu les événements s’accélèrent au lendemain des élections européennes, le Premier ministre prononcera un discours de politique générale le 12 juin. Ce qui pose la question de l’équipe gouvernementale : est ce qu’elle sera la même ?

 

Il est vrai que la plupart du temps un discours de politique générale vient marquer une nouvelle ère gouvernementale, avec un Premier ministre nouvellement nommé, ou confirmé, après avoir présenté la démission de son gouvernement au président, qui le renomme ou en nomme un autre. On a ouvert les grimoires et les archives à Matignon. Il faut savoir qu’en théorie on peut faire un discours de politique générale sans démission ni même remaniement.

Dans la pratique, on peut envisager que les cartes soient rebattues au gouvernement. Mais ce que personne ne sait c’est selon quelle ampleur. La semaine dernière on évoquait à ce micro des propos d’Emmanuel Macron qui parlait "d'ajustements" à venir au gouvernement. L’autre remarque que l’on peut faire est que Matignon commence à avoir une certaine expérience en termes de remaniements, avec des annonces qui ont l'air imminentes et qui finalement durent plus d’une semaine. En fixant le discours de politique générale le 12 juin, Edouard Philippe s’assure d’une marge : s’il le souhaite le président a quinze jours pour remanier.

En général un discours de politique générale indique un changement de ligne politique. Pas cette fois ?

C’est vrai, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle il est possible qu'Edouard Philippe annonce un changement de méthode en priorité. Une information :  le principe d’un discours devant l’assemblée a été acté dès le dimanche soir des élections, il y aura ensuite un débat sans vote.  Traduction : pas de demande de vote de confiance. Le lendemain, Édouard Phillipe sera au Sénat. Mais le diable est dans les détails : d’ordinaire un ministre prononce en même temps que le chef du gouvernement le discours devant le Sénat. 

Mais cette fois, Édouard Phillipe veut être partout et montrer que sans changer de poste il a été promu. Il passe de fondé de pouvoir du président à celui de bouclier présidentiel. C’est pourquoi le 12 juin l’agenda sera chargé : il y aura des annonces gouvernementales sur des mesures issues du grand débat national. Ce sera un discours sur la politique générale, et non pas un discours général sur la politique