Au gouvernement, des clans formés par les ministres "s'affrontent en coulisse"

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Le fait politique est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Chaque matin, Michaël Darmon évoque un sujet précis de la vie politique.

Cette semaine on a observé les cortèges et les défilés, aujourd’hui on va décortiquer le cortège gouvernemental. On peut observer plusieurs groupes à l'orée de cette nouvelle étape du quinquennat Macron.

Et s’ils sont en marche pour le projet présidentiel tous ne vont pas au même pas au même rythme. Vous avez le groupe des territoriaux, le plus influent actuellement auprès du président de la république. Il regroupe ceux qui sont en lien avec les territoires et les dossiers sensibles : Sébastien Lecornu, Didier Guillaume, Jacqueline Gourault, Gérald Darmanin et Olivier Dussopt. Ce groupe explique plaide auprès de l’Elysée pour une coloration beaucoup plus politique de l’action du gouvernement. La leçon de politique adressée par le président aux ministres correspond à leur approche.

À côté on trouve les sociaux- sociétaux : ceux qui sont issus de la société civile, les experts. On y trouve le trio Pénicaud-Buzyn-Blanquer. Ils considèrent que le triptyque : travail-santé-éducation constitue la clef de voûte de l’action présidentielle. Jean-Michel Blanquer aimerait bien développer son influence politique sur cette base. On peut rajouter à la marge la garde des sceaux Nicole Belloubet.

"Ces groupes de ministres ont bien compris que l'après grand débat national et les élections européennes vont agir comme des accélérateurs de particules et que des lignes sont en train de bouger dans la pratique présidentielle"

Il y a aussi les indépendants agissant ceux qui sont devenues leur propre marque ou en passe de l’être : Castaner, Schiappa, Riester, Le Maire, de Rugy. Sécurité, égalité, culture, et économie et écologie : ils sont portés par leur sujets très identifiés par la société. Et pour la porte-parole Sibeth Ndiaye, l’enjeu est d’allier savoir-faire et faire savoir. Sans oublier les VRP du président, infatigables et discrets : Le Drian, Nunez, Jean-Baptiste Lemoyne. La diplomatie, la sécurité et le commerce extérieur donc.

Ces jours-ci, ces groupes de ministres ont bien compris que l'après grand débat national et les élections européennes vont agir comme des accélérateurs de particules et que des lignes sont en train de bouger dans la pratique présidentielle. Alors c’est l’effervescence dans les rangs, car ce sont des visions différentes qui s’affrontent en coulisse.

En fait ils sentent que le président Macron a des fourmis dans les jambes. Et c’est au-delà d’un enjeu de remaniement ou de promotion personnelle.

Même s’ils y pensent et s’observent plus ou moins amicalement. La consigne présidentielle de changer de méthode est un défi qu’il leur est lancé. Emmanuel Macron leur demande de prendre le contrôle sur leur administration et que les mesures annoncées ne soient pas retardées dans leur mise en application. Le groupe des territoriaux explique au président que le temps est venu de largement remanier l’équipe. Les sociaux pensent que la crise ne sera résolue qu’avec du temps et des réformes constantes 

Ce seront les choix prochains d'Emmanuel Macron : comment présider autrement ? Parce que seul son nom est tagué sur les murs pendant les manifestations des "gilets jaunes". Secouée par la révolte des ronds-points , la macronie arrive à un carrefour et cherche encore sa voie.