Grand débat : le nombre de parlementaires ne devrait finalement pas diminuer

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L'édito politique est une chronique de l'émission Debout les copains !
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Chaque matin, Michaël Darmon évoque un sujet précis de la vie politique.

À propos du Grand débat, on entre désormais dans la période des restitutions et des décisions avec une consigne au sommet du gouvernement. À partir de maintenant, il faut choisir les mots avec beaucoup de prudence.

Ne dites pas comme on le dit en langue macronnienne, "on est dans la période diagnostiquaire du Grand débat" mais "c’est le temps du diagnostic".
De même, ne dites pas "il faut perrenniser les conférences inversées" mais "il faut instaurer les forum d’interpellations citoyennes".

Sérieusement, la manière de poser les enjeux sera capitale.
Dans les réflexions en petit comité, les responsables de la majorité prennent des résolutions après ce Grand débat.
L’une d’elle, la plus importante, est de parler de manière intelligible.

La prudence se manifeste aussi sur des mesures annoncées comme symboliques et qui, avec le temps, sont moins en phase comme la fameuse réduction du nombre de parlementaires.

Présentée depuis le début du quinquennat comme une réforme de modernité, cette idée a moins la cote. Le Grand débat est passé par là, beaucoup de citoyens reprochent aux élus marcheurs d’être faiblement implantés localement.
Est-ce que la réponse est justement de diminuer le nombre d’élus avec le risque de créer des déserts démocratiques ?

Il ne serait pas étonnant que cette réforme soit moins puissante qu’annoncée.

Pourtant, on présentait souvent cette question comme idéale pour un référendum. Est-ce à dire qu’il n’y aurait pas de consultation à l’issue du Grand débat ?

Il faut savoir que discrètement, derrière leur passes d’armes pour cause d’affaire Benalla, les deux présidents du Sénat et de l’Assemblée essaient d’éviter un référendum. Ils craignent le détournement de la question.

Mais s’il devait être inévitable, il y aurait une préférence pour une question liée à la transition écologique ou à la fiscalité.
Autrement dit, quel choix ? Un référendum sur la fin du monde ou sur la fin du mois ?

Mi-avril, le président devrait restituer les grandes décisions et mesures issues des contributions au Grand débat dans un discours.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, à cette heure-ci, les grands choix ne sont pas encore faits.
Mais une chose est certaine, il ne faudra pas rater l’énoncé du diagnostic.