Accord État/Région : les petites patries au cœur des décisions pour l’après débat national

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L'édito politique est une chronique de l'émission Toute l'info du week-end
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Chaque matin, Michaël Darmon évoque un sujet précis de la vie politique.

À l’heure où surgissent avec les Gilets jaunes les débats sur la relation tendue entre Paris et les territoires, une vague de livres et d’essais racontent l’importance ce que l’on appelle les petites patries (selon l’expression d’un historien) des régions de France.

Il s’appelle Olivier Grenouilleau et il publie "Nos petites patries" chez Gallimard, une histoire des relations des identités régionales.
Le clivage entre la France périphérique (comme on dit aujourd’hui) et la capitale Paris est présent quotidiennement dans l’actualité.
L’historien remonte aux sources des tensions politiques entre Paris et les régions, une histoire du centralisme qui prend sa source avec le Roi Soleil et l’emprise de Versailles sur les nobles de province.
C’est l’histoire d’un snobisme social et territorial qui échappe à tous les clichés et se régénère à chaque époque.

Avec le temps, les Parisiens qui sont pour beaucoup d’anciens provinciaux se caractérisent par un attachement à une région d’origine, la preuve avec le succès des numéros pour les départements de cœur choisis pour les plaques sur les voitures.

À Paris, on se demande toujours d’où l’on vient. Si on est breton, normand, corse, auvergnat ou provençal. Sous le pavé de l’unité nationale et républicaine, il existe ces rivages que l’on aime retrouver et quitter.
Les régions forment notre intimité collective.
Au moment où les événements ont déclenché un grand débat national, plusieurs auteurs sont donc partis sur les traces des villages perdus ou des cités HLM.

Ces notions régionales font partie intégrante des politiques conduites par tous les gouvernements et seront au cœur des décisions pour l’après débat national.

Un exemple au début du mois dernier, Édouard Philippe a tenu absolument à bousculer son programme chargé pour venir à Rennes signer des accords dans le cadre des relations État / Région avec des dispositifs nouveaux pour la région et notamment un volet culturel sur la langue bretonne.
Il s’est retrouvé ainsi aux côtés de Jean-Yves Le Drian et pas pour des sujets de politique étrangère mais régionale cette fois-ci.
On pourrait se dire que c’est encore un micro signal entre Édouard Philippe (venu de la droite et Premier ministre d’Emmanuel Macron issu de la droite) et Jean-Yves le Drian (le socialiste que l’on donne comme possible successeur).
Et bien non ! La politique n’est pas que stratégie personnelle.
La signature d’un accord État / Région c’est aussi cette vie politique peu spectaculaire, celle dont on ne parle jamais mais qui est en fait très importante pour le fonctionnement du pays.

C’est le renouvellement du pacte républicain avec avec des territoires extrêmement diverses, aux identités très fortes avec des imaginaires puissants et parfois des rêves d’autonomie.
Un des enjeux très attendus pour la fin du débat national concerne justement une nouvelle décentralisation. Est-ce que Paris va enfin vraiment déléguer de son pouvoir ? On le voit, les petites patries ne sont pas prêtes de sortir du débat national.
La preuve depuis ce jeudi soir, la capitale du foot c’est Rennes !