Projet de loi Travail : ce qu'il ressort de la rencontre entre Hollande et Valls : les experts d'Europe 1 vous informent

Axel de Tarlé 14.03.2016 1280x640 6:33
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SAISON 2015 - 2016

Antonin André, Axel de Tarlé et Anne Le Gall font le point sur l'actualité du jour.

Antonin André, expert politique

Les derniers arbitrages de la loi El Khomri seront rendus par le Président de la République ce matin. François Hollande a consacré l’essentiel de son week-end à travailler à trouver la bonne formule, celle qui calmera les syndicats et les jeunes. Mais quelle est cette formule ?

"C’est le secret le mieux gardé de la république" François Hollande a convoqué Manuel Valls samedi après-midi à l’Élysée puis ils se sont revus hier soir en tête-à-tête. Ils se reverront ce matin dans le bureau du président. François Hollande reprend en main une réforme qui était sur le point de lui échapper, conduite à la hussarde par le Premier ministre ce qui n’a pas aidé estime-t-on au Palais.
Donc qu’est-ce que va faire le président ?
Reculer. Il va lâcher sur les indemnités accordées aux Prud’hommes en cas de licenciement, le système de barème initialement prévu ne sera plus imposé. Le régime des apprentis soumis à un rythme de quarante heures par semaines sera gommé. Sur les licenciements économiques aussi la loi devrait être adoucie. Le maître mot à l’Élysée c’est d’arriver à un texte qui marie "souplesse pour les entreprises et protection pour les salariés". Synthèse si chère à François Hollande. Surtout ne fâcher personne avec le risque de ne satisfaire personne. Le risque pour le président est que la loi El Khomri accouche d’une souris comme se plaît à le rappeler la droite.
Le Président joue son quinquennat sur cette loi ?
Oui, il veut démontrer qu’il est capable de réformer sans braquer les syndicats et les jeunes qui incarnent sa cible électorale. La concertation sociale c’est sa méthode, l’amélioration de la de vie des générations futures c’est l’engagement de son mandat. S’il échoue sur cette loi, il peut enterrer ses ambitions. L’inversion de la courbe du chômage ne l’aidera pas : il échouera.

Axel de Tarlé, expert économie

L'épargne ne rapporte plus rien, c'est la conséquence de la politique menée par la Banque Centrale Européenne et, ça devient problématique.
En Allemagne, notamment, les épargnants sont en colère.

La Banque Centrale Européenne a baissé ses taux à zéro % la semaine dernière. Il y a donc deux façons de voir les choses :
Une façon positive où emprunter ne coute plus rien. C'est la façon dont nous voyons les choses en France, on voit le verre à moitié plein avec des taux immobiliers qui sont bas. C'est donc le bon moment pour acheter un appartement.
La façon négative de voir les choses c'est de se dire que cette politique à taux zéro implique que l'épargne ne rapporte plus rien. Le taux zéro étant pour tout le monde, il concerne celui qui emprunte, celui qui place et celui qui prête de l'argent.
Le Livret A ne rapporte plus que 0,75 % tandis que les assurances vie, qui sont calées sur les taux, ne rapporte que 2% par an et que cela devrait de nouveau baisser. Les Allemands voient plutôt les choses sous cet angle.
En France, on dit Vive la BCE. et on salue la baisse des taux à Zéro % de la banque centrale tandis qu'en Allemagne, on représente Mario Draghi, président de la BCE, en banquier qui allume son cigare en faisant flamber un billet de 100 euros.

Vu le niveau de croissance, ne vaut-il mieux pas favoriser ceux qui veulent emprunter, investir et acheter, plutôt que ceux qui veulent épargner et thésauriser ?

Ça dépend de la façon de voir les choses. En France, on veut des taux bas pour doper la croissance mais en Allemagne, l'urgence est d'épargner. L'Allemagne est un pays qui vieillit, et donc, met de coté pour ses vieux jours. La politique de la BCE nuit clairement à l'épargne.
Cette histoire montre une divergence de plus au sein de l'Europe ce qui prouve que ce n'est pas facile d'avoir une même politique monétaire pour des pays qui ont des cycles économiques et un rapport à l'argent différent.

 

Anne Le Gall, experte innovation

Innovation : notre voix va bientôt nous servir à nous identifier sur Internet quand on on achète quelque chose

Aujourd'hui, quand vous faites un achat sur Internet, au moment de payer, on vous demande un cryptogramme, le code à trois chiffres qui permet de s'assurer que vous êtes bien en possession de la carte bancaire dont vous avez le numéro.
Mais à partir de l'été prochain et pour la première fois en France, c'est votre voix qui permettra de vous authentifier pour les clients qui ont un compte à la banque postale.

Concrètement, au moment de payer, le système appellera sur le téléphone portable de la personne qui en train de payer et lui demandera de prononcer une phrase type : "bonjour je suis... et je souhaite m'authentifier".
Le système sera capable de savoir si oui ou non c'est bien le titulaire du compte qui parle et si ce n'est pas le cas de bloquer la transaction.

Si quelqu'un imite notre voix qu'est-ce qui se passe ?

Si c'est Nicolas Canteloup qui essaie de pirater votre compte, malgré tout son talent, ça ne fonctionnera pas car avec ce système d'authentification biométrique, ce n'est pas le son, le timbre de la voix qui compte mais l'ensemble des fréquences sonores qui la composent. C'est également une caractéristique très personnelle tout comme les empreintes digitales.

Ça fonctionne même si on a un gros rhume ?

Absolument, ça a été testé. Et pour ceux qui ne veulent pas se faire authentifier par la voix, il y a d'autres systèmes de sécurisation biométrique qui sont testés par les banques en ce moment.
Il y a notamment : la validation des paiement par empreinte digitale, par étude du rythme cardiaque, ou par selfie. Ces techniques sont à l'étude par Mastercard aux États-Unis notamment.
Précisons que pour le selfie, il faut se prendre en photo en clignant des yeux,comme ça on prouve qu'on n'est pas en train de présenter la photo de quelqu'un d'autre à la caméra.