Un peintre autrichien censuré en Angleterre et en Allemagne

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Des affiches représentant des reproductions de peintures d'Egon Schiele annonçant une rétrospective en février prochain, ont été censurées en Angleterre et en Allemagne. Le style de l'artiste a choqué certaines personnes.

On commence par des toiles de nus du célèbre peintre autrichien Egon Schiele, censurées en Allemagne et en Angleterre.

Oui alors pour que vous visualisiez le style d'Egon Schiele, vous avez sans doute déjà vu ses toiles qui datent du début du 20ème siècle, ce sont des personnages à la silhouette tracée avec un trait noir très appuyé, des corps aux teintes un peu blafardes, mais surtout des nus, des sexes, d'hommes et de femmes, très réalistes. Alors pour attirer des visiteurs, avant la grande rétrospective qui s'ouvre en février prochain à Vienne, en Autriche, le musée Leopold voulait placarder des affiches avec des reproductions de ces toiles dans plusieurs grandes villes européennes, dans les couloirs du métro ou sur les panneaux 4 par 3. 
Mais deux de ces toiles de nus ont choqué les responsables de Londres, Hambourg et Cologne. Par exemple, la responsable de la régie des transports londoniens a expliqué sa gêne de voir des parties génitales exposées aux yeux de tous ses usagers. Elle a même proposé de flouter les sexes, ce que Vienne a formellement refusé de faire.

Donc les affiches ont été interdites ?

Oui, dans ces trois villes, pas question de les placarder telles quelles. Mais la direction du musée Leopold ne s'est pas dégonflée : elle a profité de cette polémique pour faire parler de son expo. Elle a fait imprimer de nouvelle affiches avec un bandeau de censure blanc à hauteur du sexe de l'homme et de la femme avec ce message : "Désolé ! Ces toiles ont cent ans mais c'est encore trop scandaleux ? Pour tout voir, rendez-vous à Vienne." Ça c'est de la bonne pub !

D'ailleurs, il faisait scandale à l'époque...

Oui, Egon Schiele qui a eu une carrière fulgurante (il est mort à 28 ans), a même fait un court séjour en prison pour obscénité. Mais ça c'était en 1912...

Deuxième histoire, "la guerre de Noël relancée par un gobelet de café". Ça se passe aux Etats-Unis, où nous retrouvons notre correspondant, Xavier Yvon. Comme chaque année, les cafés Starbucks sortent un gobelet "spécial fêtes", qui serait cette année un gobelet célébrant l'homosexualité ?

Oui, c’est une tradition. Chaque année, Starbucks redessine pour les fêtes ces fameux gobelets en cartons à emporter. Objet très important ici au pays où on ne peut pas marcher dans la rue sans un café à la main. Et cette année, au milieu des rubans, des étoiles, des cadeaux dessinés sur le gobelet, on voit deux bras qui se rejoignent et deux mains qui se tiennent. Le dessin est suffisamment générique pour qu’on ne puisse pas dire s’il s’agit d’un homme et d’une femme, ou bien de deux hommes ou de deux femmes. Débat sur les réseaux sociaux : est-ce une manière de promouvoir l’homosexualité ? Oui et c’est tant mieux disent les associations de défense des homosexuels. Oui et c’est terrible disent les ultra-conservateurs. Leur chambre d’écho, la chaîne Fox News en a même fait un sujet. L’entreprise Starbucks, elle, reste vague et laisse le soin à ses clients de choisir ce qu’ils voient dans ce dessin.

Et ce n’est pas la première fois que le gobelet Starbucks des fêtes fait l’objet d’une polémique ?

Ah oui, c’est même souvent ce gobelet qui relance chaque année la "guerre de Noël". Une bataille culturelle propre aux Etats-Unis, un pays à la population extrêmement diverse où depuis plusieurs années, il y a une tendance à traiter la période des fêtes comme une célébration pour tout le monde, chrétiens ou non (il y a par exemple le Hanouka des Juifs en même temps). Pour être inclusif, on ne dit plus "merry christmas" (joyeux Noël), mais "happy holidays" (joyeuses fêtes). Et c’est pour ça qu’il y a deux ans, Starbucks avait gommé de son "gobelet de fêtes" les sapins et les rênes, et toute référence spécifique à Noël. Ça avait ulcéré les conservateurs chrétiens. Et devinez qui s’était emparé du sujet ? Un certain Donald Trump, alors candidat aux primaires pour la présidentielle. Grâce à son élection, il a promis que l’on pourrait à nouveau dire "merry christmas" aux Etats-Unis. Et d’ailleurs, il en fait aussi du marketing, puisque la boutique en ligne des produits Trump a sorti sa casquette de Noël : elle est rouge bien sur, avec écrit devant, le slogan "Make America Great Again" et derrière "Merry Christmas".

Une information en bref, un petit village suisse propose 20.000 euros à chaque nouvel habitant !

Oui, ce village de 241 habitants, Albinen, qui ressemble à un petit village de Savoie, sur le flanc d'une montagne en a assez de voir les familles partir les unes après les autres. En particulier les jeunes du village. Ils ont lancé une pétition pour demander au maire une réaction politique. Et le maire a lancé l'idée de payer les gens pour qu'ils viennent habiter à Albinen. Alors c'est 20.000 euros par adulte, 8.500 par enfant ce qui fait un total de 60.000 euros environ pour une famille de quatre personnes. Alors ce qui est très étrange, c'est qu'il faut avoir au moins 45 ans pour s'installer à Albinen. Mais surtout, il faut s'engager à y vivre au moins dix ans. Donc vous savez que vous y êtes au moins jusqu'à 55 ans !