Inquiétude au Brésil après une mutinerie dans une prison

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De violents affrontements ont provoqué la mort de neuf détenus dans un prison brésilienne le 1er janvier. Les autorités redoutent désormais une escalade de violence en milieu carcéral.

Programme "carcéral" ce jeudi dans le journal du monde avec cette première histoire, qui se déroule au Brésil. Là-bas, les autorités craignent une flambée de violence après une mutinerie, lundi, dans une prison du centre du pays…

Nous sommes dans l’Etat de Goias, dans un établissement pénitentiaire semi-ouvert, qui permet à certains détenus de travailler dans la journée et qui a été le théâtre, le 1er janvier donc, d’une guerre de gangs. Les détenus d’un des pavillons, appartenant à l’une des principales factions du crime organisé au Brésil, le "Premier Commando de la Capitale" ou PCC, a attaqué les détenus d’une autre aile, commandée par le "Commando Rouge", une mafia de Rio. Des affrontements extrêmement violents, qui ont fait neuf morts, dont certains hommes décapités. Tous les corps ont été brûlés. Il y a aussi eu des blessés et plus de 240 prisonniers en ont profité pour se faire la malle. Beaucoup ont été rattrapés mais pas tous.

Si la mutinerie est terminée, pourquoi craindre une flambée de violence ?

Ceux qui tirent la sonnette d’alarme, les procureurs, la police et les gardiens de prison, ont l’habitude malheureusement. Ils savent que dans ce cas-là, un effet domino est quasi certain : c’est une véritable guerre. Les clans se vengent et provoquent d’autres rixes. Le président du syndicat des gardiens de prison de l’Etat de Goias a indiqué que, déjà, la situation était critique dans un autre établissement, et que ça pouvait "exploser à tout moment".

Ils ont l’habitude, dites-vous, donc c’est déjà arrivé…

Oui la précédente grande "vague" de meurtres en prison date d’un an tout juste. En janvier 2017, des émeutes en série avaient fait quelque 120 morts dans plusieurs prisons, à différents endroits du pays. Ça avait tourné au massacre, véritablement. Et en toile de fond, toujours ces guerres de clans, entre le PCC de Sao Paulo et le Commando Rouge de Rio, puis d’autres mafias qui leurs sont affiliées. "Toute action appelle une réaction", prévient un procureur de Sao Paulo spécialisé dans la lutte contre le crime organisé. Ce qui signifie que les 25 autres Etats du Brésil doivent craindre des représailles.

Et tout ça, on l’imagine, dans un contexte de surpopulation carcérale…

Bien-sûr. C’est la troisième au monde, avec plus de 700.000 prisonniers enregistrés pour deux fois moins de places.

Deuxième histoire, toujours dans l’univers des prisons. On part au Royaume-Uni, où les autorités pénitentiaires sont confrontées à un phénomène un petit peu embêtant. Des drones effectuent des livraisons aux détenus ! Livrés "à domicile", si on peut dire. Et on s’en doute, ces drones n’apportent pas des oranges. Anaïs Cordoba, vous êtes à Londres…

Oui on parle plutôt de produits interdits, parfois même ce sont des armes. Fin décembre par exemple, une livraison assez extraordinaire a été interceptée devant l’une des prisons de plus haute sécurité du pays, à Manchester. Dans la "cargaison" du drone, les gardiens ont trouvé des clés USB contenant les épisodes de la série "Les Sopranos", une série sur les parrains de la mafia à New York. Des mini téléphones portables qui échappent aux détecteurs de métaux, des cartes SIM, mais aussi de la drogue pour plus de 25.000 euros ! Alors les prisonniers n’ont jamais reçu la marchandise car le drone s’est pris dans les filets de sécurité de la prison. Il était télécommandé depuis une petite ville à proximité, et le pilote a été retrouvé grâce à ses empreintes digitales. C’est un jeune homme de 25 ans, et il vient d’être condamné à trois ans et quatre mois de prison ferme. Le juge a voulu faire un exemple.

Oui parce qu’il n’est pas le seul pilote de drone à s’essayer à ces livraisons illégales ! Elles se multiplient en Grande-Bretagne, et les autorités peinent à lutter contre ce fléau ?

Oui, le phénomène ne cesse de prendre de l’ampleur ! Pour vous donner une idée, en 2015, on a repéré des drones aux alentours de prisons en Angleterre au moins 33 fois dans l’année, c’est deux fois plus que l’année précédente ! Le gouvernement a donc mis sur pied une équipe de spécialistes, des policiers et des gardiens de prison chargés de retrouver les pilotes de drones contrebandiers pour qu’ils soient traduits en justice. A Londres, la Metropolitan Police a même envisagé un temps d’entraîner des aigles pour intercepter ces drones. Une idée testée aux Pays-Bas mais finalement abandonnée.

Oui ça ne marchait pas très bien, je crois. Isabelle Ory en avait parlé d’ailleurs ici même, dans le journal du monde. Et du coup, Anaïs, la meilleure solution viendra sans doute des nouvelles technologies !

Oui un nouveau système très prometteur est en train d’être testé sur l’île anglo-normande de Guernesey. Il s’agit d’un bouclier virtuel, pour la prison, mis au point par une entreprise innovante. Concrètement, ce bouclier pirate le drone en supprimant son programme de vol. L’appareil repart alors automatiquement d’où il vient.

En bref, pour finir ce journal du monde. Aux Etats-Unis, il fait tellement froid que des requins meurent congelés !

Une ONG a découvert trois carcasses de squales, échoués aux abords du cap Cod, au nord-est de New York. Ils auraient succombé à un choc thermique, qui entraîne un arrêt cardiaque. On y pense peu mais les animaux aussi subissent de plein fouet la vague de froid polaire qui traverse l'Amérique du Nord avec des températures qui oscillent entre -20 et -50 degrés au Canada et dans le Nord des Etats-Unis. C’est une vague de froid historique, selon les médias américains. Plus de 2.700 vols programmés pour aujourd’hui sur la côte est ont été annulés. A New York, toutes les écoles sont fermées aujourd’hui.

A Windsor, au Royaume-Uni, un élu veut faire disparaître les sans-abris avant le mariage royal...

C'est dans cette ville que se trouve le château de Windsor où, en mai prochain, Meghan Markle dira "yes" au Prince Harry. Un événement qui va "multiplier l'intérêt touristique des lieux", selon l'élu local qui a donc écrit au chef de la police locale. La lettre a été rendue publique aujourd’hui. Il y demande que la police agisse contre "la mendicité agressive", s'inquiète des "quantités de sacs et déchets que ces mendiants accumulent sur les trottoirs". Fin décembre, ce même élu avait déploré "une épidémie de vagabondage à Windsor". Le responsable d'une association locale d'aide aux sans-abris a évidemment condamné ces propos : "Personne ne dort dans la rue par choix, a-t-il rappelé, mais parce que quelque-chose a mal tourné."