En Indonésie, une expédition pour retrouver les restes de navires disparus il y a 76 ans

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Il y a deux ans, les Pays-Bas ont lancé une expédition pour retrouver les restes de navires néerlandais, britanniques, américains et australiens coulés lors d'une bataille en 1942. Ils ont été stupéfaits de constater que plusieurs vaisseaux avaient été désossés pour leurs métaux.

Le monde dans votre radio, ce sont les chroniques du monde. Bonsoir Sophie larmoyer ! Avec vous on va aller à Java, en Indonésie, où les autorités tentent de retrouver les restes de marins britanniques et hollandais coulés avec leurs navires, il y a 76 ans exactement !

Entre le 27 février et le 1er mars 1942, la marine alliée a affronté la marine impériale japonaise en mer de Java, et ça s’est terminé avec tous les navires britanniques, néerlandais, mais également américain et australien au fond de l’eau. Depuis ils y étaient restés, comme une grande tombe marine pour ces soldats morts au combat. Et puis, il y a un peu moins de deux ans, les Hollandais ont monté une expédition, juste avant le 75e anniversaire de la bataille : ils ont envoyé des plongeurs pour déposer des plaques commémoratives sur leurs navires coulés. Et c’est là qu’ils ont été stupéfaits de constater que certains bâtiments avaient complètement disparu, d’autres étaient partiellement désossés. Depuis, rejoints par les autorités britanniques, ces pays demandent des comptes à l’Indonésie et de l’aide pour retrouver ce qui a été pillé, "profané" disent même certains puisqu’il s’y trouvait notamment les restes de 1.000 à 2.000 soldats.

Et on sait un peu ce qui s’est passé ?

Oui, car dans le port de Brondong, dans l’est de l’île de Java, d’ancien soudeurs parlent. Ils racontent qu’entre 2014 et 2016, ils étaient au moins 50 à découper jour après jour les restes de vieux navires sortis des fonds marins par de grandes barges de marchandises équipées de grues. Dans le port, sous leurs chalumeaux qui découpaient l’acier en plaques, parfois ils tombaient sur de vieux fusils, des pistolets, des casques, et aussi, régulièrement, sur des os humains. La consigne alors, c’était de les confier au chef. Et qu’en a-t-il fait, le chef ? Il les aurait mis dans de gros sacs de riz qu’il aurait fait enterrer dans le petit cimetière de Suko, à quelques minutes du port. C’est là, cette semaine, en ce moment, que des fouilles officielles ont lieu pour tenter de retrouver ce tombeau collectif et anonyme.

Les pilleurs de ces navires de guerre en avaient après l’acier, les métaux ?

Exactement, dans une enquête fouillée, le quotidien britannique le Guardian explique qu’il y avait à bord de ces navires du laiton, du cuivre, du bronze, mais aussi de l’acier qui n’a pas été irradié par la bombe atomique de 1945. Ce qui le rendrait plus précieux pour certains instruments médicaux et scientifiques, précieux et plutôt rare, d’où ce pillage, apparemment bien organisé ces dernières années.

Et on saura peut-être bientôt, donc, si certains de ces restes de marins ont été retrouvés. Merci Sophie ! Vous parliez du Guardian, on reste en Grande-Bretagne où on manifeste ce soir devant le ministère de l’Intérieur pour protester contre les conditions de détention des migrants. Bonsoir Anais Cordoba, vous êtes à Londres pour Europe 1. Les associations soutiennent la grève de la faim entamée par une centaine de femmes. Ce qui frappe c’est que certaines de ces migrantes vivent en Angleterre depuis leur enfance !

Oui, c’est le cas par exemple de cette gréviste : une Algérienne de 35 ans qui est arrivée au Royaume-Uni à l’âge de 11 ans. Et c’est en faisant une première demande de passeport britannique qu’elle se serait rendue compte qu’elle ne résidait pas en règle dans le pays, malgré ses 24 ans de vie sur place. Ça fait maintenant trois mois qu’elle est enfermée dans un centre de rétention elle a l’impression d’avoir été kidnappée. Une impression renforcée par le fait de ne pas savoir quand sa détention va se terminer. Car le royaume uni est le seul pays d’Europe à ne fixer de aucune limite de temps à la détention d’un migrant !

Mais combien de temps durent ces détentions en moyenne ?

Alors selon le ministère de l’intérieur, le plus souvent c’est quatre mois maximum, mais il existe bel et bien des cas extrêmes de détentions longues de 18 mois par exemple.

Ces femmes qui font la grève de la faim, qu’est-ce qu’elles dénoncent exactement ?

Alors elles décrivent beaucoup de précarité, avec une nourriture si mauvaise que beaucoup de détenus prennent des médicaments pour l’estomac et du fer. Il leur est interdit de travailler à l’extérieur, alors que dans ces centres, qui sont tenus par des entreprises privées, elles peuvent travailler mais pour un salaire sept fois inférieur au SMIC ! Certaines se plaignent de ne pas recevoir l’assistance médicale dont elles ont besoin. Et surtout beaucoup de ces femmes privées de liberté ont vécu des traumatismes dans leur pays d’origine, comme des viols. C’est le cas d’hommes aussi. Et ils sont enfermés en violation de la loi anglaise puisque légalement, un migrant qui a été victime de torture ne peut pas être détenu pour une raison lié à son statut.

Merci Anaïs Cordoba, vous nous parliez depuis Londres. En bref Sophie, vous avez repéré de curieuses pénuries. En Irlande d’abord : une pénurie de pain !?

Oui parce qu’une grosse tempête est annoncée sur l’Irlande pour demain et après-demain, avec les plus grosses chutes de neige depuis 35 ans. Et comme la consigne numéro un, c’est de limiter les déplacements. Les Irlandais ont fait des stocks, ils ont dévalisé les magasins, et en particulier les boulangeries. Les internautes s’en amusent en postant des photos de rayons vides sur les réseaux sociaux.

Pénurie encore, cette fois à Taiwan ! Qu’est ce qui manque cette fois ?

Le papier toilette ! Plus moyen d’en trouver, là encore les boutiques ont tout vendu ! Pas de tempête de neige à l’horizon à ma connaissance, juste les fabricants qui ont annoncé qu’ils augmenteraient leurs prix de 10 à 30% à la mi-mars. Conséquence de l’augmentation de la pâte à papier sur le marché mondial, à cause des incendies de forêt au Canada et des problèmes de production au Brésil. C’est l’effet papillon, la panique  Taiwan. Et c’est très sérieux : les autorités ont appelé au calme et le ministère de l’économie s’est fendu d’une communication pour dire que les producteurs locaux avaient encre des réserves de pâte à papier.