Australie : un rapport sur les bizutages à l'université

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En Australie, le bizutage à l'université inquiète de plus en plus. Un troisième rapport sur le sujet a vu le jour en quelques mois.

On va d’abord prendre la direction de l’Australie où l’on ne badine plus avec les bizutages à l’université. Il faut dire que là-bas, c’est particulièrement violent. Là-bas on dit "toxique".

C’est le mot employé dans un nouveau rapport qui dénonce la culture du bizutage, du harcèlement et même de l’agression sexuelle dans les facs. C’est le troisième en quelques mois. Déjà, en août dernier, la Commission australienne des droits de l'Homme, qui avait interrogé 30.000 jeunes, révélait que plus de la moitié des étudiants, et surtout les filles, étaient harcelés dans les facs. Cette fois, ce rapport de 200 pages est intitulé "The red zone", la zone rouge, allusion à la semaine de tous les dangers. La très officielle "semaine d’orientation", pendant laquelle les petits nouveaux se font bizuter, notamment au sein de ce qu’on appelle là-bas les "collèges" : des sortes de résidences universitaires, autonomes administrativement et qui reproduisent des rites ancestraux sur lesquels les dirigeants ferment bien souvent les yeux.

En quoi consistent les bizutages dénoncés ?

Beaucoup d’alcool, d’abord. Les nouveaux sont souvent forcés à boire, et parfois des mixtures dangereuses. Ça peut être par exemple un mélange d’alcool, de nourriture pour chien et de shampoing. Il arrive que certains finissent à l’hôpital. Des étudiants racontent les heures assis par terre, à être humiliés, les réveils en pleine nuit. Le rapport, très documenté, révèle certains rituels comme ces garçons saoulés, déshabillés et peinturlurés en vert, obligés d’aller enfoncer les portes des chambres des filles. Ou encore cette "bonne blague", avec beaucoup de guillemets, qui consiste à se masturber dans les bouteilles de shampoings des filles avant, évidemment, de remettre tout en place l’air de rien. Ceux qui parlent le font de façon anonyme, de peur des représailles.

Que préconise ce rapport ?

De mettre en place une équipe indépendante pour enquêter notamment sur les abus sexuels. Que ces fameux "collèges résidentiels" soient obligés de rendre des comptes. Et que ces rituels de bizutage soient interdits par la loi. Les auteurs du rapport sont notamment soutenus par les parents d’un garçon qui a mis fin à ses jours en 2016. Après une nuit, une seule nuit dans son nouveau collège, très réputés par ailleurs, il est rentré chez lui, a refusé de retourner en cours, n’a plus quitté sa chambre puis s’est suicidé au bout de deux mois. Ses parents n’ont jamais su ce qui s’était passé cette nuit-là. Ils demandent toujours qu’une enquête indépendante soit menée.

L’Espagne, elle, ne plaisante plus avec les artistes qui soutiennent la cause des indépendantistes ou critiquent le roi. Henry de Laguérie, vous êtes notre correspondant à Barcelone. Un photographe vient d’en faire les frais. Son œuvre, jugée trop politique, a été retirée de la foire d’art contemporain de Madrid.

Oui il s’agit d’une série de 24 portraits en noir et blanc, intitulée "Prisonniers politiques dans l’Espagne contemporaine". Les visages ont été pixelisés mais on les reconnait facilement. Il y a notamment deux dirigeants indépendantistes actuellement incarcérés à Madrid. Alors vous l’imaginez, dans le climat actuel, qualifier de "prisonniers politiques" deux personnes poursuivies pour rébellion et sédition, c’est s’attaquer à la justice et au gouvernement espagnol : le directeur du parc des expositions de Madrid qui accueille la foire a voulu éviter le scandale et a donc demandé le retrait de l’installation. Evidemment, sa décision a produit l’effet inverse. Les réseaux sociaux ont immédiatement crié à la censure. La maire de Madrid, choquée, a même refusé de participer à la cérémonie d’ouverture. Les formations de gauche ont dénoncé une atteinte à la liberté d’expression. La droite au pouvoir a observé un silence gêné. Il faut dire que c’est la première fois en 37 éditions qu’une œuvre est retirée de cette foire.

C’est la première fois ?

Oui, figurez-vous qu’un rappeur originaire de Mallorque, Val Tonic, a été condamné la semaine dernière à trois ans et demi de prison ferme pour la violence de ses textes. Dans ses chansons, l’artiste, dont la notoriété n’avait pas franchement dépassé les frontières des Baléares, insultait le Roi Felipe VI et se livrait à une forme d’apologie du terrorisme de l’ETA. Un peu plus tôt ce mois-ci, un jeune homme qui avait simplement détourné une photo du Christ sur Instagram a été condamné à une amende de 400 euros.

Mais Amnesty International ne vient pas, justement, d’épingler l’Espagne ?

Oui dans son rapport annuel l’ONG dénonce le recul de la liberté d’expression dans le pays et juge excessive et disproportionnée l’incarcération des dirigeants indépendantistes. Tout cela crée un climat de malaise dans toute l'Espagne, certains évoquant un inquiétant retour en arrière.

En bref, une vidéo réalisée par un théologien turc proche du parti au pouvoir, l’AKP, fait les joies d’internet…

Il s’appelle Nurettin Yildiz, ce monsieur. Le journal d’opposition en ligne Diken relaie sa fatwa, c’est-à-dire son avis juridique en matière de religion, concernant les ascenseurs. Car, qu’on se le dise, l’ascenseur crée une promiscuité propice "à la fornication". Eh oui, en cas de panne, une femme pourrait rester quelques minutes seule avec un homme. Donc ce théologien préconise d’éviter de prendre l’ascenseur ensemble, sauf si ses parois sont complètement vitrées ! Voilà, c’est un monsieur qui est déjà connu pour s’être dit en faveur du mariage des fillettes "à partir de 6 ans".