Pour faire face à la crise, Pinder se sédentarise

SAISON 2017 - 2018
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Chaque matin, Carole Ferry fait le point sur l'actualité économique.

L'économie avec vous Carole Ferry, on a appris hier la mise en liquidation du cirque Pinder. Les dates de tournée ont été annulées à Valence, Grenoble, Saint-Etienne ou encore Clermont-Ferrand. La société aurait perdu 60% de son chiffre d'affaires en mars et avril.
Oui, le cirque Pinder perd plus d'argent qu'il n'en gagne. Son propriétaire Gilbert Edelstein a donc préféré l’entreprise en liquidation judiciaire plutôt que de continuer à accumuler les dettes.
Et alors comment ça s'explique, on ne peut pas dire que les enfants n'aiment plus le cirque ?
Rien à voir, je vous le confirme. En fait le cirque traditionnel s'est pris de plein fouet une accumulation de difficultés. La crise : ça coûte cher d'aller au cirque en famille. Les attentats : on sort un peu moins dans la foule. Mais aussi l'école le mercredi matin, qui a fait directement chuter les chiffres.
Tout ça s'est ajouté à un modèle économique, déjà difficile pour le cirque itinérant. Aller de ville en ville, c'est des taxes, taxes à l'Essieu. C'est aussi de la main d'œuvre pour monter, démonter les chapiteaux, il y a aussi le coût du carburant. Bref, c'est plus rentable pour un cirque d'être sédentaire, ou en tout cas de rester plus longtemps sur place. C'est pour ça que le cirque Gruss reste par exemple six mois par an à Paris. Pour tous les grand noms du cirque, Bouglione, Medrano, les numéros d'équilibristes se font autant sur scène en ce moment que dans les livres de compte
Mais est ce que le combat de la cause animale n'explique pas également les difficultés de ces cirques ?
C'est plus compliqué que ça, vous avez en partie raison parce que la défense du bien-être animal, c'est vraiment une cause qui touche une corde sensible dans la société. D'ailleurs, vous avez de plus en plus de pays qui interdisent les animaux dans les cirques, la Belgique, l’Irlande l'Italie par exemple. En France, il y a des villes qui boycottent comme Strasbourg ou Rennes même si c'est interdit. Mais vous avez quand même encore beaucoup de familles qui vont au cirque pour voir les tigres, les éléphants. Et c'est donc un pari risqué pour ces cirques de s’en séparer.
Et est-ce que les compagnies du nouveau cirque comme le cirque plume ou Héloïse s'en sortent mieux ?
Globalement mieux oui, mais notamment parce qu'elles touchent plus de subventions, des subventions sur la création, sur la formation. Le propriétaire du cirque Pinder, demande d'ailleurs à avoir le droit à la même chose. Et selon nos informations, ces cirques traditionnels seront reçus en fin de semaine au ministère de la Culture. Même si un plan itinérance a déjà été mis en place avec 100.000 euros débloqués cette année. Ce sera le double l’an prochain. Le propriétaire de Pinder va plutôt lui faire le pari de sédentarité. Il va lancer d'ici l'an prochain Le Pinderland en Seine et Marne. Un chapiteau de 14.000 places qui ne bougera plus, de l'accrobranche avec des acrobates, une école de cirque et il gardera ses animaux.

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