Le lobby de l'alcool va financer la lutte contre l'alcoolisme

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La Une de l'éco est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Chaque matin, Emmanuel Duteil fait le point sur l'actualité économique.

L'économie avec vous Emmanuel Duteil. Le lobby de l'alcool va, pour la première fois, financer la lutte contre l'alcoolisme.

Alors là certains à la maison se disent peut-être : il est sympa lui mais dis comme ça ça fait un peu comme si on demandait à un pyromane d'éteindre un incendie. Un peu c'est vrai mais vous allez voir c'est peut-être pas si étonnant. A la base c'est Emmanuel Macron - qui ne cache pas que ça lui arrive de consommer un peu de vin - qui a demandé en février à la filière de faire des propositions pour je cite opérer une révolution de la prévention en France..Ce sont ces propositions que la filière a présenté hier.

Et qu'est-ce qu'il en ressort ?

Eh bien il y a deux buts à ce plan. Responsabiliser les populations à risques comme les femmes enceinte, les jeunes qui consomme beaucoup et apprendre à moins consommer pour tout le monde. Par exemple pour les femmes enceinte la profession propose de doubler au moins la taille de la vignette qui les met en garde. Elle s'engage aussi à diffuser plus largement le message zéro alcool pendant la grossesse.

Il va y avoir aussi plus de prévention en direction des jeunes. Ça pourrait passer par exemple par une formation des vendeurs d'alcool notamment dans les supermarchés. En tout la profession propose de dépenser un peu moins de 5 millions d'euros sur 4 ans pour financer ces opérations de prévention. Ce serait du jamais vu. La filière parle même d'un changement de paradigme. Bon malgré tout soyons honnêtes, 5 millions d'euros sur 4 ans c'est pas mal mais ça limite quand même les moyens d'action.

A titre de comparaison c'est que le Sidaction récupère à peu près en un an pour financer la recherche. Pour le moment ce sont des propositions. On verra ce qui sera retenu dans le grand plan qui sera présenté début juillet par la ministre de la santé.

Mais si on veut baisser la consommation est que ce ne serait pas plus utile de monter les prix ?

C'est vrai que cette technique fonctionne aujourd'hui pour le tabac. Certains pays pratiquent cette politique c'est le cas en Grande Bretagne ou dans certains pays nordiques où l'alcool est hors de prix. Mais ça n'empêcherait pas une dépendance importante à l'alcool. Là la profession préfère prendre en exemple l'Espagne qui a renforcé aussi sa prévention, surtout pour la filière monter les prix en taxant l'alcool se serait la tuer.

Si on taxe ça veut dire que le produit est mauvais pour la santé dit-on chez les spécialistes du vin alors que ce serait la consommation excessive qui le serait... d'où le fait de tenter d'éduquer les différentes populations. Il sera intéressant de voir d'ici 4 ans l'impact que cela aura eu sur notre consommation. Car comme pour le tabac cette question est un vrai enjeu national de santé publique.