Danone veut associer ses salariés aux décisions du groupe

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La Une de l'éco est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Chaque matin, Carole Ferry fait le point sur l'actualité économique.

Danone annonce qu'il va associer les salariés aux grandes décisions concernant l'avenir du groupe C’est assez inédit. Son PDG Emmanuel Faber sera à 8h20 europe1 pour nous en parler. Inédit mais qui s’inscrit dans un mouvement que défendent d’autres patrons français, ne pas dépendre uniquement du diktat des actionnaires totalement extérieurs a l'entreprise.

L'économie avec vous Carole Ferry, Europe1 reçoit ce matin à 8h20 le patron de Danone Emmanuel Faber. Danone c'est Activia, Gervais, Evian ou encore Bledina....  Et le groupe veut donc associer  les salariés aux grandes décisions sur l'avenir de toutes ces marques

Le PDG l'a annoncé hier aux 120 mille salariés. Il veut lancer une consultation géante pour que chacun puisse s'exprimer sur ce que doit devenir Danone d'ici 2030. Par exemple le groupe a choisi de renforcer ses produits santé  et d'abandonner la fabrication de bière et de plats cuisines. Est ce qu'il faut continuer dans cette voie. C'est un exemple pour la France mais il sera décliné, dans chacun pays en fonction de leurs spécificités. Et pour que les salariés soient pleinement engagés et bien ils vont recevoir chacun une action Danone en cadeau.

A vous entendre Emmanuel Faber c'est quasiment le patron-père-noël idéal

Alors attendez d'abord l'action Danone elle vaut 67 euros, et puis sur le personnage, son entourage parle d'un homme pas très chaleureux qui travaille beaucoup, dort  peu et n'a pas hésité ces dernières années à restructurer Danone, suppressions de postes à la clé. Mais c'est aussi, c'est vrai, un patron connu pour son engagement humanitaire. Vous vous souvenez peut être de cette vidéo dans laquelle Emmanuel Faber explique  comment sa vie a basculé après la mort de son frère schizophrène. Il a également été volontaire à Calcutta, a la jungle de Calais.

C'est en partie, en raison de cette fibre sociale, que l'ancien patron Franck Riboud l'avait choisi pour lui succéder. On est dans la droite ligne de son propre père Antoine Riboud qui défendait déjà le principe d'un capitalisme respectueux des salariés en 1972. Aujourd'hui encore les managers de Danone n'ont pas que des objectifs chiffrés. Ils doivent aussi rendre des compte tous les ans sur le nombre de personnes qu'ils ont fait progresser dans leur service ou sur  leur taux de réduction de CO2.

Et c'est un mouvement totalement marginal ou une vrai tendance qui se dessine  ?

C'est un discours qu'on entend de plus en plus dans la bouche de certains patrons, ne pas satisfaire uniquement les actionnaires mais se montrer attentif aussi aux salariés, aux fournisseurs, à l'environnement. Il faut dire que c'est une demande forte de la jeune génération,  travailler pour une entreprise qui a du sens.

De là, à dire que c'est un mouvement dominant, on y est pas encore. Mais l'idée dernière ça n'est pas seulement de faire plaisir aux salariés. C'est aussi d'avoir des actionnaires réellement impliqués dans l'avenir de l'entreprise. Ça permet de ne plus être totalement dépendant du diktat des fonds de pensions par exemple qui cherchent une rentabilité immédiate mais se fiche totalement de ce que devient l'entreprise. C'est avoir des actionnaires qui pensent rentabilité sur le long terme.