Cinq ans après l'effondrement du Rana Plaza au Bangladesh, les conditions de travail dans le textile ont-elles évolué ?

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La Une de l'éco est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Chaque matin, Carole Ferry fait le point sur l'actualité économique.

L'économie avec vous Carole Ferry, il y a 5 ans,  l'immeuble du Rana Plaza, s'effondre au Bengladesh faisant plus de 1000 morts et 2000 blessés.

Des ouvriers qui fabriquaient des vêtements pour des marques comme Auchan, Benetton, ou encore Mango. Ce drame avait mis en lumière à l'époque, Carole, les conditions de travail des sous-traitant dans les pays en voie de développement. D'un coup on se rend compte que le tee shirt qu'on a  acheté  trois francs // six sous  la veille est fabriqué par des ouvriers maltraités qui travaillent dans ateliers susceptible de s'effondrer du jour au lendemain. Quelque part tout le monde le savait mais cette fois plus personne ne peut l'ignorer.

Alors forcément sur le coup, marques,  fabricants, gouvernements promettent que ça n'arrivera plus jamais. 220 marques s'engagent à inspecter leurs usines. Parmi elles les françaises, Casino, Camaïeu ou Carrefour. 1 600 bâtiments sont alors rénovés.

Aujourd'hui clairement, la sécurité des usines s'est nettement améliorée au Bangladesh. Mais selon l'association éthique sur l'étiquette, ça reste quand même le pays ou les salariés sont les plus mal payés au monde et avec une très forte répression des syndicats. On est quand même encore très loin du paradis de la sous-traitance.

Alors une loi a été votée en France, sur le devoir de vigilance, est ce que ça va changer quelques chose  ?

Déjà il faudra voir les plans que proposent les entreprises, elles doivent le faire cette année lors de leur assemblée générale. Mais pour le moment aucune de celles concernées n’a rendu son rapport d'activité. En tout cas, la loi prévoit que des entreprises comme HetM, Zara,  Décathlon ou Kiabi sont présentent une cartographie des risques liés à leur activité et surtout les solutions qui vont avec.

Dire par exemple, il est possible que nous ayons des salariés qui sont les plus mal payés au monde au Bangladesh avec des cadences infernales... on va arrêter de faire baisser les prix d’achat  auprès de nos fournisseurs .

Et si elles ne le font pas ?

Et bien un juge peut être saisi pour voir si elles respectent ou non ce devoir de vigilance. Cela dit les entreprises ont bien conscience que ça devient essentiel pour leur image. Et il y a quand même des progrès. Le travail des enfants par exemple. Il y'a de vrais problèmes aujourd'hui dans le traitement des déchets mais vous avez peu de chance de tomber sur un tee shirt Gap, zara ou h&m fabriqués par des enfants. Pour les adultes c'est plus compliqué. Ça s'améliore avec les premiers sous-traitants. Ça devient souvent plus compliqué quand il y a des commandes urgentes passées à un énième sous-traitant, là il échappe à tout contrôle

On parle beaucoup du Bangladesh, c'est a cause du Rana Plaza ou c'est réellement l'un des pires pays ?

Un peu les deux, c'est réellement dans le textile, l'un des pires pays sur le respect des salariés , mais ça n'est pas le seul, le Pakistan est plutôt trés mauvais élève également. Pas terrible non plus au Cambodge ou en Tunisie.