Pendant que les automobilistes se mobilisent en France, les producteurs de pétrole s’inquiètent de la baisse des cours mondiaux

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L'édito économique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
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Chaque matin, Nicolas Barré fait le point sur une question d'actualité économique.

Alors que les automobilistes s’apprêtent à manifester contre la hausse du prix de l’essence, les producteurs de pétrole, eux, s’inquiètent de la baisse du prix du pétrole. On s’y perd…

C’est le paradoxe de la situation actuelle. Depuis le début de la grogne sur le prix de l’essence, le prix du baril de pétrole a chuté de 20%. Et les pays producteurs craignent que la chute continue! Des discussions ont lieu entre eux en ce moment mais sans attendre, l’Arabie Saoudite a décidé unilatéralement de baisser sa production de 500.000 barils par jour pour faire remonter les cours. Est-ce que cela suffira? Ce n’est pas garanti car plusieurs grands pays non-membres de l’OPEP comme les États-Unis et la Russie ont augmenté leur production: c’est en partie pour cette raison que les cours ont baissé. Mais ces efforts devraient tout de même finir par payer et les spécialistes du marché prévoient un redressement des cours du pétrole dans les mois qui viennent, certains évoquent la perspective d’un baril à 100 dollars contre 70 aujourd’hui.

Ce qui n’arrange pas le gouvernement qui veut alléger la facture à la pompe.

Le gouvernement n’a évidemment pas de prise sur le marché international du pétrole sauf qu’en promettant des mesures pour alléger la facture, il fait croire qu’il dispose d’un levier important sur les prix, ce qui n’est pas le cas. Deux types de mesures sont soumises aujourd’hui à l’arbitrage du Premier ministre: une aide renforcée à la conversion pour acheter des véhicules moins polluants, aide qui pourrait être ciblée sur les gros rouleurs, l’infirmière à domicile qui fait beaucoup de kilomètres en province par exemple. Et l’augmentation du chèque énergie pour aider les ménages modestes à se chauffer. Au total, on parle de mesures de l’ordre de 500 millions d’euros. C’est considérable ! Sauf que l’État ne les a pas et les prendra dans la poche d’autres contribuables. Sous forme d’autres impôts. Il n’y a pas de finance magique. La réalité, c’est qu’une énergie fossile comme le pétrole coûte cher, coûtera plus cher à l’avenir, c’est le message des producteurs aujourd’hui, et que les aides doivent servir à s’en détacher plus qu’à réduire la facture.