Mouvement des "gilets jaunes" : quelles sont les pistes d'annonces d'Emmanuel Macron ?

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L'édito économique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
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Chaque matin, Nicolas Barré fait le point sur une question d'actualité économique.

Quelles pistes pour sortir de la crise des "gilets jaunes" ? Elles sont nombreuses et elles ne seront pas gratuites.

Plusieurs pistes sont sur la table en effet, et les arbitrages ne sont pas tous rendus loin s’en faut. Mais le président veut des mesures qui aient un impact réel, rapide. Compte tenu du ras-le-bol fiscal qui s’est exprimé, une première piste consisterait à accélérer la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des ménages. Une première baisse de 30% est intervenue en octobre. Le reste pourrait être supprimé dès l’année prochaine au lieu d’attendre 2020 comme prévu. Bilan : 3,8 milliards d’euros d’impôt en moins pour les ménages et de recettes en moins pour l’État. Autre piste : les heures supplémentaires. Et là deux choses sont possibles : supprimer les cotisations sociales sur les heures sup, c’est prévu pour septembre prochain mais ça pourrait être avancé à janvier. Mais on peut aussi aller plus loin et défiscaliser les heures sup, c’est-à-dire que ce que vous gagnez en heures sup ne soit pas soumis à l’impôt sur le revenu. La piste est sur la table, le sujet n’est pas tranché.

 

 

Et pour les bas salaires, rien sur le Smic ?

Relever le Smic est destructeur pour l’emploi, tout le monde le sait. Mais on peut contourner le problème en relevant la prime d’activité qui est versée par les caisses d’allocations familiales aux familles les plus modestes. Elle a été relevée de 20 euros en octobre, elle doit l’être de 30 euros en avril prochain, puis encore de 20 euros l’année suivante. On peut aller plus vite. Sans alléger le coût du travail pour les employeurs.

 

Et comment on finance tout ça ?

C’est tout le problème. Un : par du déficit. Bruxelles est déjà en train de se faire une raison : la digue des 3% va céder. Mais pour que le dérapage ne soit pas trop grave, le gouvernement regarde du côté de l’impôt sur le revenu. Les tranches supérieures sont visées. Ce qui suscite beaucoup de débats au sein de l’exécutif. Et au sein même de Bercy, c’est plus inhabituel, entre Gérald Darmanin et Bruno Le Maire. Un Bruno Le Maire qui juge que la crise des "gilets jaunes" a déjà causé un tort considérable à l’économie et qu’il ne faut pas en rajouter en alourdissant l’impôt sur le revenu des tranches supérieures. C’est au président de trancher.