Les entreprises dans le viseur du gouvernement pour compenser la taxe carbone

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L'édito économique est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque matin, Nicolas Barré fait le point sur une question d'actualité économique.

Quelle sera la facture de la crise des "gilets jaunes" ? Les entreprises s’inquiètent d’être mises à contribution.

Le gouvernement a peur des "gilets jaunes" et les entreprises ont peur du gouvernement. Elles craignent de devoir passer à la caisse pour financer l’abandon de la taxe carbone. Il faut bien que quelqu’un paie. L’annulation de la hausse de la taxe sur l’essence représente un trou de quatre milliards d’euros dans les caisses de l’État. Ce n’est pas tout : la baisse des taxes sur l’électricité ajoute encore un demi-milliard d’euros. Ces trous, il va falloir les combler. Et les entreprises sentent que les regards se tournent vers elles. "Ça y est, le concours Lépine est lancé", confiait hier soir à Nicolas Barré, un responsable patronal dépité et un peu inquiet de ce qui peut sortir du chapeau de Bercy. Parmi les pistes, on peut citer le report possible de la baisse du taux de l’impôt sur les sociétés, censé passer de 33 à 31% l’an prochain, ou encore un régime moins favorable de baisses de charges. Dans les deux cas, ces bricolages sont contestables, ils ne sont pas bons pour l’économie et pour l’emploi, ils font peser sur les entreprises le coût de sortie d’une crise dont elles ne sont pour rien. Mais ils font rentrer un peu d’argent dans les caisses publiques : on sacrifie le court terme au long terme.

 

 

Et la facture ne s’arrêtera sans doute pas là.

Non, outre les milliards d’euros de chiffre d’affaires perdus à cause des troubles, quelques secondes d’images d’émeutes sur les télévisions du monde entier font perdre des mois voire des années d’efforts pour redresser l’image de la France. Les effets se font déjà sentir sur les investisseurs étrangers. Le gâchis est immense. Il ne sera pas réparé facilement. En attendant, les partenaires sociaux, syndicats et patronat, spectaculairement tenus à l’écart du mouvement, ont une occasion de montrer qu’ils servent encore à quelque chose. Ils seront reçus aujourd’hui par la ministre du Travail Muriel Pénicaud pour parler pouvoir d’achat. C’est le patronat, il faut le noter, qui se montre le plus constructif : l’idée avancée par Bruno Le Maire d’une prime défiscalisée versée aux salariés a été bien accueillie. Xavier Bertrand avait plaidé pour ces derniers jours. Si ce type de mesure peut aider à sortir de l’impasse, c’est un excellent investissement.