Le ton change entre Renault et Nissan : l’ambiance est au bras de fer entre la France et le Japon

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
L'édito économique est une chronique de l'émission Deux heures d'info
Partagez sur :

Chaque matin, Nicolas Barré fait le point sur une question d'actualité économique.

Le ton change entre Renault et Nissan. L’ambiance est maintenant au bras de fer entre la France et le Japon.

Pas question de se laisser faire : telle est désormais la ligne dans le camp français et au sommet de l’État. Après la phase de sidération qui a suivi l’arrestation de Carlos Ghosn, les Français s’inquiètent des velléités un peu trop voyantes des Japonais d’en profiter pour rééquilibrer l’Alliance à leur profit. Un dirigeant japonais me le confiait hier sans langue de bois : "Saikawa (le patron de Nissan) considère que l’Alliance n’est pas équilibrée, il veut la rééquilibrer petit à petit". C’est clair, c’est son but de guerre. Aujourd’hui se tient justement une réunion de l’Alliance aux Pays-Bas. Les Français, par la voie de Bruno Le Maire, ont prévenu : le patron de Renault doit présider l’Alliance, conformément à ce que prévoient les statuts.

 

Une déclaration qui a été perçue comme "agressive" au Japon ?

Exactement. La presse japonaise a vivement réagi. Alors qu’il s’agit pourtant de la stricte application des statuts. Alors où va mener ce bras de fer ? Il y a l’option engrenage fatal : Renault augmente sa participation dans Nissan, l’État ne l’exclut pas. Mais c’est l’arme nucléaire : Nissan peut aussi augmenter sa participation dans Renault, avec pour conséquence potentielle, selon la loi japonaise, de priver Renault de ses droits de vote au-delà d’un certain seuil. Ce serait la guerre totale. La fin de l’Alliance. Et puis il y a l’option raisonnable, celle qui est officiellement affichée y compris par les Japonais et qui consiste à se dire que les intérêts industriels sont plus importants que tout. Emmanuel Macron aura l’occasion d’évoquer le dossier avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe au G20 en fin de semaine. Il est clair en tout cas que les relations entre les deux constructeurs vont devoir être repensées. Mais le faire à chaud, dans l’urgence, risquerait de conduire à la sortie de route définitive.

 

Lire l’article des Échos - Renault-Nissan : la France hausse le ton