Le rapport sévère de la Cour des comptes sur le PMU et le monde des courses

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L'édito économique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
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Chaque matin, Nicolas Barré fait le point sur une question d'actualité économique.

Faut-il mettre fin au monopole du PMU sur les courses de chevaux en France ? La Cour des comptes met les pieds dans le plat.

Et ce rapport est de la dynamite. La Cour des comptes s’est plongée dans le monde opaque des courses, un monde tenu par deux sociétés, France Galop et Le Trot, qui contrôlent le PMU et donc la manne des parieurs. Une manne d’un peu plus de neuf milliards d’euros, dont 77% sont reversés aux gagnants tandis que le reste sert à financer la filière hippique en France. Le problème, dit la Cour des comptes, c’est que depuis l’ouverture des paris en ligne, les joueurs se détournent des champs de course. Les bénéfices du PMU sont en baisse constante. Et les sociétés de course, dit la Cour, sont incapables de faire des économies et "de définir une stratégie" pour faire face à ce déclin.

D’où la remise en question de leur monopole sur les paris hippiques ?

Ce serait un électrochoc. Évidemment, le monde du cheval est vent debout. Les sociétés de courses, qui gèrent les grands hippodromes, Vincennes, Auteuil, Longchamp, Maisons-Laffitte etc. veulent à tout prix conserver le contrôle sur le PMU qui les fait vivre. La Cour des comptes est pourtant sévère sur leur gestion. Elle pointe par exemple la rénovation de l’hippodrome de Longchamp qui a coûté une fortune. Au moment où l’État privatise la Française des Jeux, le message de la Cour des comptes est clair : le PMU et le monde des courses doivent se réformer sinon l’État risque s’en chargera. Car l’enjeu, c’est l’avenir de toute la filière hippique qui vit grâce à l’argent des parieurs.