Hausse du smic : les couacs du gouvernement

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L'éclairage éco est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Chaque matin, Nicolas Barré fait le point sur une question d'actualité économique.

Le président de la République l’a dit : les salariés au smic vont toucher 100 euros de plus. Mais ce qui devait être simple s’avère incroyablement compliqué.

Depuis l’annonce présidentielle, les meilleurs experts de l’administration s’arrachent les cheveux qui leur reste. Car pour augmenter les salariés au smic de 100 euros sans que cela ne coûte un euro aux employeurs, comme le président s’y est engagé, il faut élaborer une tuyauterie qui n’est pas simple à mettre en place en quelques jours. Une solution consiste à augmenter la prime d’activité, qui est distribuée par les caisses d’allocations familiales. Le problème, c’est que tous les smicards n’ont pas droit à cette prime d’activité, par exemple s’ils vivent avec un conjoint qui gagne plus ou s’ils n’ont pas d’enfants à charge. En fait, environ un quart seulement des smicards touchent cette prime : on peut donc facilement l’augmenter pour eux afin qu’ils empochent les 100 euros de plus, mais comment faire pour les autres, pour les trois quarts des smicards qui ne la touchent pas ?

 

 

C’est là que la tuyauterie se complique.

Il y a plusieurs idées sur la table. Par exemple verser directement un "chèque smic" aux salariés concernés. Les Urssaf pourraient s’en charger mais elles n’y sont pas préparées. Surtout s’il faut mettre ça en place dès le mois de janvier. Gros embouteillage administratif en perspective. Autre piste possible, verser une prime d’activité à tous les salariés au smic (il y en a deux millions), mais alors quid de ceux qui juste en-dessous, ou juste au-dessus ? Et puis que fait-on des salariés qui sont au smic mais à temps partiel, comme ça arrive très souvent par exemple dans la distribution ? Et comment compter les heures supplémentaires dans ce dispositif ? Suivant les réponses à ces questions, le nombre de bénéficiaires varie de plusieurs millions. Enfin, si le dispositif retenu ressemble trop à une usine à gaz, le bénéfice politique de l’opération risque d’en prendre un coup. Vu la facture de plusieurs milliards d’euros, ce serait un comble.