Airbus, un nouveau président et une entreprise pacifiée : Guillaume Faury désigné pour succéder à Tom Enders

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L'édito économique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
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Chaque matin, Nicolas Barré fait le point sur une question d'actualité économique.

Le temps où Français et Allemands se faisaient la guerre au sein d’Airbus est terminé : le successeur de l’Allemand Tom Enders à la tête du géant européen a été désigné ce lundi. Sans psychodrame.

C’est un Français, Guillaume Faury, mais ce n’est pas le passeport qui compte. Cette succession s’est déroulée sans drame, sans ce théâtre politique auquel Airbus nous avait habitués il y a quelques années, avec ses guerres de tranchées entre Français et Allemands. Bien sûr, le choix du nouveau patron a été approuvé par l’Elysée et la Chancellerie allemande mais les administrateurs ont surtout fait le choix de l’interne et de la compétence. Guillaume Faury a dirigé la branche hélicoptère avant de prendre la tête au début de l’année de la branche aviation civile, le cœur du groupe. Bref, ce polytechnicien est parfaitement légitime par ses qualités et son expérience, pas par son lieu de naissance (en l’occurrence Cherbourg).

C’est un rare cas où les Européens avancent unis ?

Oui et c’est plus que jamais nécessaire pour Airbus face au rouleau compresseur de Donald Trump, qui met toute la puissance de la présidence américaine au service de Boeing. Airbus ne se bat pas à armes égales : tout se passe en dollars, la loi américaine s’applique de façon extraterritoriale et les États-Unis mêlent politique et business pour faire pression sur des pays allant du Japon à l’Australie.

On le sait moins, mais Airbus est aussi moins rentable que Boeing.

Boeing et les autres industriels de l’aéronautique américain sont adossés aux commandes du Pentagone, un budget de 700 milliards de dollars là où l’Europe est à 220 milliards. Ca fait toute la différence. Le défi du nouveau patron d’Airbus, c’est de rester dans la course par rapport à ses concurrents américains, sans bénéficier de la manne de gigantesques commandes militaires. La recette, c’est de rester unis entre Européens. La recette est plutôt réussie chez Airbus, exemple à suivre à l’heure où certains jouent la division en Europe.