Il était une fois : Le grand poulpe

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Il était une fois est une chronique de l'émission La voix est livre
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Comme chaque semaine, nous vous présentons un livre jeunesse. Aujourd'hui, Victor Dhollande vous fait découvrir Le grand poulpe

Cet animal à huit tentacules a fasciné les plus grands écrivains comme Jules Verne dans son chef d’œuvre Vingt mille lieues sous les mers. Il a également usé des litres et des litres de gaz comprimé des bouteilles de plongée du commandant Cousteau et amusé de nombreux pêcheurs haut comme trois pommes dans toutes les mers du monde. On lui prête à raison une intelligence hors du commun. Le poulpe est capable de capturer un crabe, de le ramener à la surface, de repartir chasser pour revenir le déguster plus tard, ce qui prouve qu’il a une mémoire incroyable. Ce même céphalopode est capable de dévisser un bocal pour ne plus en être prisonnier, d’échapper à ses prédateurs en épousant la couleur d’un rocher. Bref, une sagacité animale extraordinaire et un livre qui lui rend aujourd’hui un très bel hommage.

De multiples vies. Dans Le grand poulpe*, on retrace l’histoire de sa vie, ou plutôt ses huit vies comme le nombre de ses tentacules. Le premier, il s’en sert pour embrasser et cajoler une femme-homard, un peu de surréalisme bienvenu pour une espèce quasi-surnaturelle. Au deuxième tentacule, il y a le pain ou plutôt les crustacés qu’il engloutit  avec appétit. Au troisième et quatrième bras, le poulpe se mue en architecte, il s’empare d’un navire pour y installer ses appartements. Au cinquième tentacule, il y a ce jet d’encre, cette diversion comme une tentative d’insoumission à sa condition. Le sixième, celui qui collectionne, qui agrippe pour décorer sa maison. Le septième, plus oisif, lui autorise une danse, un ballet aquatique. Au huitième  jour, ou plutôt au huitième tentacule, c’est le chaos, l’attaque de la murène.

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Un très bel hommage à Jules Verne. Forcément, on pense au roman de Jules Verne tout au long de l’album qu’on peut faire découvrir aux enfants à partir de 4-5 ans. Avec ces mots, Angélique Villeneuve écrit une lettre d’amour à ce mollusque passionnant. Mais que dire des illustrations d’Anaïs Brunet ! Avec ses aquarelles d’une rare précision, elle offre au lecteur une étrange sensation mouvante. Plus on tourne les pages et plus on a l’impression de nager entre les tentacules de ce grand poulpe. Elle nous donne envie de mettre un masque et de plonger dans le grand bleu pour chatouiller les ventouses et observer de plus près cet animal qui continue de fasciner des générations entières d’amoureux de la mer.  

* Le grand poulpe d’Angélique Villeneuve et illustré par Anaïs Brunet (Éditions Sarbacane)