"Quand on rêve de grève générale, il vaut mieux réussi la convergence des luttes"

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L'édito politique d'Hélène Jouan est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque matin, Catherine Nay évoque un sujet précis de la vie politique.

Quatre universités sur 70, et une dizaine de sites sur 400 restent bloqués. A 5 heures du matin, Tolbiac a été évacuée par la Police. Il n'y a pas eu de heurts, tout s'est passé dans le calme. On n'est pas en Mai 68.

L'histoire repasse toujours les plats au moins deux fois, écrivait Heigel dans sa philosophie de l'histoire. Karl Marx confirmait l'axiome en ajoutant que toujours les révolutionnaires se réincarnent. Mai 68 qui a failli faire tomber le régime Gaulliste. Mélenchon en rêve ! 50 ans plus tard, on le voit sur-actif sur tous les fronts, se jetant corps et âmes dans toutes les batailles, vociférant. Mais oui, mais c'est bien sûr, c'est le nouveau Cohn-Bendit qui avait craqué l'allumette en janvier, à Nanterre.

La lutte commence, écrivait Mélenchon dans son blog en Janvier, avec son projet de sélection le gouvernement disait-il allait mettre le feu aux poudres. En tous les cas, lui, il serait là pour la déclencher. La France insoumise distribuait des tracts à la sortie des lycées pour faire sortir la jeunesse dans la rue. Un million, le grand déferlement ! Il en rêvait, mais ça n'a pas marché, alors La France Insoumise encourage les blocages dans les universités. D'ailleurs, c'est plus un combat politique d'extrême gauche qu'une contestation de Parcoursup ! Le député Coquerel, très actif à Tolbiac.

Mélenchon prenait de haut les syndicats, il est un peu redescendu !

Oui, quand on rêve de grève générale sur la France il vaut mieux réussi la convergence des luttes avec eux ! Et samedi à Marseille, les cégétistes étaient nombreux dans la mobilisation que Jean-Luc Mélenchon avait initiée. Ils défilaient ensemble et jeudi encore et on voyait qu'il jubilait ! La convergence, oui, mais pas question d'alliance avec quiconque ! Mélenchon est sur une ligne indépendantiste. Il veut fédérer le peuple derrière lui. Il est le peuple à lui tout seul ! Faire tomber Macron.

Un rêve qui sera difficile à atteindre : Macron en force, manifs en baisse !

Après plusieurs semaines de mobilisation, les luttes peinent à converger, s'essoufflent face à l'inflexibilité de l'exécutif. Le Président ne lâche rien. Dimanche soir, il disait ne pas croire à la coagulation des mécontentements. Mais apparemment, pour l'instant, sa fermeté ne lui est pas revenue en boomerang puisque selon un sondage BVA, il connaîtrait un regain de popularité : +3 points. On voit bien néanmoins, que le conflit à la SNCF sera difficile à régler ! Les foyers de contestations ne refroidissent pas. Mais c'est vrai que les syndicats ne défileront pas ensemble le 1er Mai !