Mélenchon déteste la presse mais confie ses peines dans "Gala"

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L'édito politique d'Hélène Jouan est une chronique de l'émission Europe matin
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Le leader de la France insoumise refuse très souvent de répondre aux médias. Mais il a réussi à dépasser son désamour pour se confier dans... "Gala".

Le leader de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon n’aime pas les médias. Et le répète à qui veut bien l'entendre. Pourtant, il s'épanche dans la presse vendredi matin. Ne cherchez pas le leader de la France Insoumise dans Le Monde, ce journal qu'il exècre ("les gens si vous voulez vraiment le lire, surtout ne l’achetez pas" lançait-t-il dans une de ses récentes vidéos), ni dans n’importe quel autre quotidien. Non, cette interview vérité est réservée aux lecteurs et lectrices... de Gala.

Hypersensibilité. "Hélas pour moi, j'ai une forme d’hypersensibilité qui me transforme en éponge", confie-t-il au magazine féminin. On découvre un Jean-Luc Mélenchon qui se désole des critiques qu'il endure. "L'acide passe toujours à travers l'armure", explique-t-il, "mais pour le reste, le personnage impose un devoir à la personne. Je dois incarner des colères et des souffrances, ça peut m'enfermer dans un rôle un peu réducteur, je vis avec." Et Gala ne semble pas prendre conscience de l'honneur qui lui est fait de recueillir la parole de l'Insoumis en chef, car l'entretien, accordé à l'occasion d'une rencontre avec le réalisateur Oliver Stone est au cœur du magazine, sans même un appel de une. 

Charge anti-média. Néanmoins, ce choix de s'épanche auprès de Gala n'est pas si étonnant. C'est déjà à Gala que Jean-Luc Mélenchon avait confié une information cruciale pendant sa campagne : sa conversion à la salade de quinoa comme secret de son régime. Plus sérieusement, le numéro un de la France insoumise a fait de la charge anti-média une arme essentielle de sa stratégie. Ce n'est pas nouveau, mais cette ire contre "le parti des médias", "la CIA médiatique" complotiste, forcément complotiste, connait depuis quelques semaines un regain d'intérêt. Une fièvre qui a même poussé Jean-Luc Mélenchon à prendre la défense de Laurent Wauquiez, victime à ses yeux de ce parti des médias, ce qui a provoqué les applaudissements de Marine Le Pen. C'est bien connu les ennemis de mes ennemis sont mes amis.

Ne pas répondre aux médias pour ne pas répondre aux questions. S'il s'adonne ainsi au média-bashing, c'est que Jean-Luc Mélenchon sait pertinemment, de façon très cynique, que cela fonctionne parfaitement auprès des Français, des Insoumis tout particulièrement. De façon plus calculée, les poussées d’urticaire correspondent surtout à une mise en difficulté de sa personne ou de son parti : comptes de campagne, élucubrations d'un journaliste mettant sur un pied d’égalité Bachar El-Assad et les populations syriennes martyres de la Ghouta sur Le Media, dirigé par l'une des proches de Mélenchon, Sophia Chikirou, stratégie d’alliances des gauches qui fait débat dans son parti mais dont il ne veut pas entendre parler... En refusant toute confrontation avec "le parti des médias" comme il dit, Jean-Luc Mélenchon évite surtout de répondre aux questions. Il s'en tient à un monologue face à son miroir, comme la marâtre de Blanche Neige interrogeant le sien jour après jour. "Dis-moi qui est la plus belle en ce royaume ?" Mais un jour, même le miroir finit par dire la vérité...