Le PS est mort mais pourquoi faut-il encore croire à sa renaissance ?

, modifié à
  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
L'édito politique d'Hélène Jouan est une chronique de l'émission Europe matin
Partagez sur :

Deux candidatures supplémentaires ont été annoncées pour prendre la tête du Parti socialiste, celles d’Olivier Faure et d’Emmanuel Maurel. D'autres prétendants pourraient encore se manifester.

C’est l’histoire d’un parti qui a plus de candidats que d’idées à défendre, et peut-être même d’adhérents. L’histoire d’une génération, celle des sabras de Mitterrand, qui joue là sa dernière apparition, et qui murmure "encore une minute, monsieur le bourreau". L’histoire d’un parti qui fait comme si rien ne s’était passé, pas de président empêché, de candidat à 6% des voix à la présidentielle, de déculottée à l’Assemblée nationale. Comme si l’heure était encore aux éléphants, quand il n’y a plus de restes à partager, même plus de rente à espérer. C’est une histoire dont on écrit l’épilogue de façon automatique : le PS est mort, ni fleurs, ni couronnes, il l’a bien mérité.

Mettre de côté les vieilles querelles. Et si c’était plutôt l’histoire d’un parti qui était à l’orée de sa renaissance ? Référence à la Renaissance italienne, celle qui fut capable de puiser dans son héritage culturel pour incarner la modernité. Si on créditait les candidats qui se lancent, certains d’entre eux en tout cas, de bonne foi et de désintéressement car il n’y a que des coups à prendre, et pour longtemps, et celui qui sera désigné fin mars n’a aucune assurance d’être le prochain candidat à la présidentielle.

 

 

Bien sûr, il leur faut surmonter d’incompréhensibles batailles d’ego : "On est comme les pépés corses sur leur banc dans Astérix. Ils ne se parlent plus parce que leur arrière-grand-père avait fait un coup fourré à l’autre, ils ne savent plus lequel, mais l’esprit de vendetta reste", reconnait un membre du parti. Bien sûr il leur faut retrouver le goût du dialogue et celui de l’écoute de leurs militants. Bien sûr, il leur faut dresser l’inventaire du quinquennat passé, inventaire à double colonne, positive et négative, et réfléchir aussi aux échecs de la sociale démocratie dans toute l’Europe.

Une place pour le socialisme dans le débat public. Mais si nécessité finissait par faire loi ? "Macron est passé d’un rhésus G- à D+", explique l’un : hier élu par des électeurs de gauche, le président est aujourd’hui soutenu par des électeurs de droite. Les premiers attendent une incarnation, des idées, un débat politique aujourd’hui disparu, le sujet de l’immigration en est une preuve éclatante. Il y a une place pour les socialistes. 

Les socialistes doivent prendre la responsabilité de leur histoire : clore le chapitre ou entamer un nouveau tome. De leurs comportements, de la qualité de la campagne puis du travail entrepris par celui qui emportera la bataille, ils sont les seuls scénaristes. Pour l’instant, le décor est vieillot, les acteurs pas tout à fait au niveau et les dialogues médiocres. Mais l’épilogue n’intervient par définition, jamais avant la fin.